La Fonds monétaire international (FMI) et la Côte d’Ivoire ont conclu un accord au niveau des services sur les revues de leurs programmes économiques, confirmant la solidité des performances macroéconomiques du pays et ouvrant la voie à de nouveaux financements.
Des décaissements significatifs en perspective
Sous réserve de validation par le Conseil d’administration du FMI, cet accord devrait déboucher sur deux décaissements totalisant 843,9 millions de dollars, répartis comme suit :
- 509,5 millions $ au titre du Mécanisme élargi de crédit (MEDC) et de la Facilité élargie de crédit (FEC)
- 334,4 millions $ dans le cadre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD)
Ces financements s’inscrivent dans la sixième et dernière revue des programmes MEDC/FEC, ainsi que dans la cinquième et dernière revue du programme FRD.
Des performances macroéconomiques saluées
Les services du FMI ont qualifié les résultats obtenus de « remarquables ». Parmi les avancées majeures :
- réduction du déficit budgétaire à 3 % du PIB en 2025, conforme aux critères de l’UEMOA
- amélioration de la mobilisation des recettes fiscales
- maîtrise des dépenses publiques
- renforcement de la gestion de la trésorerie via le Compte unique du Trésor
Les autorités ont également progressé dans la gouvernance économique, notamment en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Une dimension climatique renforcée
Dans le cadre de la FRD, les réformes engagées portent notamment sur :
- la mise en place d’une assurance climatique pour la filière coton
- la réduction des émissions de gaz à effet de serre
- l’élaboration d’une stratégie de taxation carbone
Ces mesures traduisent une intégration croissante des enjeux climatiques dans la politique économique nationale.
Des perspectives économiques globalement favorables
Malgré un environnement international incertain, l’économie ivoirienne demeure résiliente :
- croissance attendue à 6 % en 2026
- inflation projetée à 3,3 %, sous l’effet des prix internationaux
- déficit courant estimé à 2,2 % du PIB
À moyen terme, la croissance devrait s’établir autour de 6,7 % en moyenne, avec une inflation maîtrisée sous le seuil régional de 3 %.
Des risques exogènes à surveiller
Le FMI souligne toutefois plusieurs facteurs de risque :
- tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient
- volatilité des prix des matières premières
- durcissement des conditions financières internationales
- vulnérabilité aux chocs climatiques
Ces éléments pourraient peser sur les équilibres macroéconomiques, notamment sur le déficit budgétaire et le compte courant.
Une stratégie budgétaire à consolider
Les autorités ivoiriennes entendent poursuivre leurs efforts pour ramener durablement le déficit à 3 % du PIB d’ici 2028. La stratégie repose notamment sur :
- l’élargissement de l’assiette fiscale
- le renforcement du civisme fiscal
- une meilleure allocation des dépenses publiques
L’objectif est de porter les recettes fiscales de 14,9 % du PIB en 2025 à 18 % à moyen terme, afin de financer les priorités du Programme national de développement (PND 2026-2030)
Une trajectoire globalement maîtrisée
Au final, cet accord avec le FMI confirme la trajectoire macroéconomique positive de la Côte d’Ivoire, tout en soulignant la nécessité de maintenir les réformes dans un contexte international incertain.
Le pays apparaît ainsi comme l’une des économies les plus résilientes de la région, avec un risque de surendettement jugé modéré et des perspectives de croissance soutenue à moyen terme.
Y.H.




