Face à une urbanisation rapide et à une congestion devenue structurelle, le Nigeria accélère ses investissements dans le transport ferroviaire urbain. Le gouvernement fédéral a validé des projets d’envergure visant à transformer la mobilité dans plusieurs grandes métropoles.
Trois projets structurants pour 2,99 milliards $
Les autorités ont approuvé des contrats d’un montant total de 2,99 milliards USD, couvrant trois projets majeurs :
- la première phase de la « Green Line » à Lagos,
- un métro léger dans l’État de Kano State,
- et un tramway à Kaduna.
Ces investissements s’inscrivent dans les budgets 2025-2026 et visent à densifier le réseau ferroviaire national, tout en améliorant l’interconnexion entre les différents modes de transport.
Lagos au cœur de la transformation
Projet phare du programme, la Green Line devrait s’étendre sur 68 km, reliant Marina à la zone franche de Lekki. Le tracé prévoit une quinzaine de stations stratégiques, notamment à Victoria Island, Ajah et le long du corridor de Lekki, l’un des pôles économiques les plus dynamiques du pays.
À terme, cette ligne pourrait transporter jusqu’à un million de passagers par jour, avec une capacité initiale estimée à 500 000 usagers quotidiens. L’objectif est clair : offrir une alternative crédible à la route dans une ville où les embouteillages pèsent lourdement sur la productivité.
Désengorger les villes du Nord
En parallèle, les projets de Kano et Kaduna visent à structurer les systèmes de transport urbain dans le nord du pays. Basés sur des lignes à écartement standard (SGR), ils doivent accompagner la croissance rapide de ces agglomérations et améliorer la fluidité des déplacements.
Ces initiatives traduisent une volonté de rééquilibrage territorial, en intégrant les grandes villes du nord dans la dynamique de modernisation des infrastructures.
Un coût économique élevé de la congestion
La pression sur les infrastructures routières justifie ces investissements. À Lagos, le coût de la congestion est estimé à environ 3 834 milliards de nairas par an (près de 2,8 milliards USD), selon une étude du Danne Institute for Research en partenariat avec Financial Derivatives Company.
Au-delà des pertes économiques, cette situation affecte la qualité de vie, la productivité des entreprises et l’attractivité globale des villes.
Des défis de mise en œuvre importants
Malgré leur potentiel transformateur, ces projets devront surmonter plusieurs obstacles :
- la mobilisation effective des financements,
- la maîtrise des coûts dans un contexte de volatilité monétaire,
- et la capacité à assurer une maintenance durable des infrastructures.
La question de la tarification sera également déterminante. Pour garantir une adoption massive, les services devront rester accessibles à une population urbaine aux revenus souvent contraints.
Vers un nouveau modèle de mobilité urbaine
Avec ces investissements, le Nigeria amorce une transition vers un système de transport plus intégré, où le rail urbain pourrait jouer un rôle structurant.
Si les projets aboutissent, ils pourraient non seulement réduire la congestion, mais aussi soutenir l’activité économique, améliorer la connectivité urbaine et renforcer la compétitivité des grandes villes nigérianes dans un contexte de croissance démographique soutenue.
Y.H.




