Cap-Vert : une transition énergétique freinée par les contraintes structurelles du réseau

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Archipel fortement dépendant des importations d’énergies fossiles, le Cap-Vert tente d’accélérer sa transition énergétique. Mais selon un rapport récent de Agence internationale pour les énergies renouvelables, les contraintes structurelles du système électrique limitent encore le déploiement des énergies renouvelables.

Un système électrique fragmenté

Le principal défi réside dans la configuration même du pays. Composé de neuf îles non interconnectées, le Cap-Vert fonctionne avec des systèmes électriques isolés, empêchant toute mutualisation de la production et compliquant l’intégration du solaire et de l’éolien.

Aujourd’hui, les combustibles fossiles représentent environ 80 % de la production électrique, contre moins de 20 % pour les renouvelables. Pourtant, les autorités affichent des objectifs ambitieux :

  • 50 % d’énergies renouvelables d’ici 2030,
  • neutralité carbone à l’horizon 2040.

Une progression encore insuffisante

Malgré une dynamique positive — la capacité renouvelable est passée d’environ 36 MW en 2024 à près de 50 MW en 2025 — le rythme reste insuffisant pour atteindre les objectifs fixés.

Cette lenteur s’explique notamment par :

  • les contraintes techniques des réseaux insulaires,
  • les pertes d’électricité élevées (estimées à 25 %),
  • l’absence de capacités de stockage suffisantes.

Les solutions proposées par l’IRENA

Pour surmonter ces obstacles, le rapport recommande une approche structurée autour de deux leviers complémentaires.

1. Renforcer l’infrastructure énergétique

  • amélioration des prévisions de production solaire et éolienne,
  • réduction des pertes sur le réseau,
  • déploiement massif du stockage (objectif : 615 MWh),
  • développement d’infrastructures spécifiques, comme une station de pompage-turbinage de 20 MW sur l’île de Santiago.

2. Mieux gérer la demande énergétique
L’IRENA met également en avant le rôle de la flexibilité de la demande :

  • électrification des transports et services publics,
  • utilisation stratégique du dessalement (qui représente environ 7 % de la consommation électrique) comme outil d’équilibrage du réseau.

Un coût de l’électricité encore élevé

Malgré un taux d’accès à l’électricité très élevé (environ 98 %), le Cap-Vert fait face à un paradoxe énergétique :

  • une dépendance forte aux importations de carburant (près de 46,6 % des importations totales en 2023),
  • un coût de l’électricité parmi les plus élevés d’Afrique (environ 0,336 USD/kWh).

Une transition à double vitesse

Le cas cap-verdien illustre les défis spécifiques des petits États insulaires : même avec une forte volonté politique, la transition énergétique dépend fortement de la modernisation des infrastructures et de la gestion intelligente du système électrique.

L’enjeu n’est donc pas seulement de produire plus d’énergie renouvelable, mais de repenser entièrement l’architecture énergétique, en combinant solutions centralisées et décentralisées.

A.S.

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