Burkina Faso : la hausse de la participation de l’État pèse sur la production attribuable d’Iamgold à Essakane

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Le Burkina Faso poursuit sa stratégie de renforcement de sa participation dans le secteur minier afin de capter une part plus importante des revenus issus de l’exploitation de l’or. Cette orientation se traduit déjà par des effets concrets sur les performances des compagnies opérant dans le pays, notamment sur la répartition de la production.

La société canadienne Iamgold a ainsi annoncé une production de 111 900 onces d’or au premier trimestre 2026 sur la mine d’Essakane, principale exploitation aurifère du pays. Ce volume représente une hausse de 18 % par rapport à la même période de l’année précédente. Toutefois, la production attribuable à l’entreprise n’a progressé que d’environ 11 %, en raison de l’augmentation de la participation de l’État burkinabè dans le capital du projet.

Cette évolution découle du nouveau code minier adopté en 2024, qui a relevé la participation gratuite de l’État dans les projets miniers de 10 % à 15 %. Dans le cas d’Essakane, la part détenue par Iamgold est ainsi passée de 90 % à 85 % à partir de juin 2025, ce qui réduit mécaniquement la part de production qui lui revient.

Sur le premier trimestre 2026, la production attribuable annoncée par Iamgold s’élève à 95 100 onces. Sans la modification de la structure actionnariale, ce volume aurait avoisiné 100 700 onces. Sur la base du prix moyen de vente communiqué par la compagnie, soit 4 859 dollars l’once, cet écart représente un manque à gagner estimé à plus de 27 millions de dollars.

Au-delà d’Essakane, cette politique s’inscrit dans une stratégie plus large visant à accroître la présence de l’État dans les projets miniers. En avril dernier, les autorités ont notamment engagé 70 milliards de francs CFA pour porter leur participation dans la mine d’or de Kiaka de 15 % à 40 %.

Le modèle retenu ne repose pas sur un prélèvement direct de la production, mais sur une perception des bénéfices proportionnels à la participation de l’État, complétée par une redevance pouvant atteindre 10 % lorsque le prix de l’or évolue entre 4 500 et 5 000 dollars l’once.

Pour l’ensemble de l’année 2026, Iamgold prévoit une production attribuable comprise entre 340 000 et 380 000 onces à Essakane, pour une production totale estimée entre 400 000 et 440 000 onces. À l’échelle du groupe, la production globale attribuable devrait se situer entre 720 000 et 820 000 onces. Par ailleurs, la compagnie exploite également deux autres mines d’or au Canada.

Cette évolution réglementaire illustre un rééquilibrage progressif du partage de la rente minière au profit de l’État burkinabè, dans un contexte de prix de l’or élevés et de besoins accrus de financement public.

Y.H.

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