Ghana : après l’incendie d’Akosombo, le gouvernement lance un audit national du réseau électrique

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Confronté à une nouvelle crise énergétique après l’incendie ayant affecté le complexe hydroélectrique d’Akosombo, le Ghana engage une revue approfondie de ses infrastructures électriques. Le ministère de l’Énergie et de la Transition verte a annoncé le lancement d’un audit de sécurité couvrant l’ensemble des postes électriques du pays.

Selon les autorités, cette opération vise à évaluer la fiabilité des installations nationales et à accélérer le remplacement de plus de 3000 transformateurs vieillissants, dont certains sont en service depuis plusieurs décennies. En 2024, environ 1000 transformateurs de distribution auraient déjà été perdus sous l’effet des surcharges chroniques.

L’effet déclencheur de la crise d’Akosombo

Cette décision intervient à la suite de l’incendie survenu fin avril sur un poste de la Ghana Grid Company (GRIDCo), situé dans le complexe du barrage hydroélectrique d’Akosombo, infrastructure clé du système énergétique national.

L’incident a provoqué une perte immédiate d’environ 1000 MW sur le réseau, pour une demande de pointe estimée à 4400 MW, aggravant une situation déjà tendue.

Les autorités ont été contraintes d’instaurer des délestages tournants de six heures dans plusieurs régions, notamment dans le Grand Accra et l’Ashanti.

Le retour du “dumsor”

Cet épisode ravive le spectre du “dumsor”, expression populaire au Ghana désignant les coupures récurrentes d’électricité qui affectent le pays depuis plusieurs années.

Le groupe de réflexion Africa Centre for Energy Policy (ACEP) estime que ménages, entreprises et institutions subissent déjà depuis plusieurs semaines une détérioration de l’approvisionnement électrique, amplifiée par le sinistre d’Akosombo.

Le ministre de l’Énergie John Jinapor a lui-même reconnu l’ampleur de la crise, qualifiant l’incident comme l’une des perturbations les plus graves jamais enregistrées dans le secteur énergétique ghanéen.

Les causes évoquées incluent le vieillissement des équipements, les transformateurs surchargés et des années de sous-investissement dans la maintenance des infrastructures.

Une réponse structurelle encore attendue

Au-delà de la gestion d’urgence, les autorités cherchent à rassurer sur les mesures structurelles engagées.

Selon le ministère, le déficit énergétique aurait été progressivement réduit ces derniers mois, passant de 270 MW en février à 203 MW en mars, avant de remonter légèrement à 211 MW en avril.

Le basculement progressif vers le gaz naturel aurait également permis de réduire les coûts de production électrique de 40 à 50 %, selon le gouvernement.

Dans cette logique, le président John Dramani Mahama a récemment annoncé la construction d’une nouvelle centrale électrique au gaz de 1200 MW, destinée à renforcer durablement la capacité nationale.

Reste que pour de nombreux observateurs, la résilience du système dépendra moins des annonces que de la capacité du Ghana à moderniser en profondeur un réseau fragilisé par des contraintes techniques et financières persistantes.

B.S.

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