Gambie : le régulateur somme les revendeurs illégaux d’Internet de se mettre en conformité sous 7 jours

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Avec la multiplication des offres informelles de revente d’accès à Internet en Afrique de l’Ouest, les régulateurs cherchent à reprendre le contrôle d’un segment en pleine expansion, souvent situé à la frontière entre entrepreneuriat numérique et activité non autorisée.

En Gambie, Public Utilities Regulatory Authority a accordé un ultimatum de sept jours aux fournisseurs illégaux de services d’accès à Internet pour régulariser leur situation.

L’avis, publié le 12 mai, vise explicitement :

  • les opérateurs de hotspots Wi-Fi ;
  • les revendeurs d’accès Internet ;
  • toute entité fournissant un accès public à Internet sans autorisation réglementaire.

Cette mise en demeure intervient après une campagne d’enregistrement volontaire ouverte entre le 1er janvier et le 3 mars 2026.

Selon le régulateur, si certains acteurs se sont conformés, un nombre significatif continue d’opérer sans licence ou avec une transparence jugée insuffisante sur leurs conditions d’exploitation.

Des sanctions lourdes en préparation

À l’expiration du délai, PURA prévoit une opération de contrôle menée avec plusieurs agences publiques.

Les mesures envisagées incluent :

  • inspection des sites d’exploitation ;
  • vérification des licences et autorisations ;
  • injonction immédiate d’arrêt d’activité ;
  • déconnexion des services illégaux ;
  • retrait ou scellement des équipements ;
  • saisie du matériel ;
  • poursuites judiciaires ;
  • sanctions administratives et réglementaires.

Le message envoyé par le régulateur est clair : la tolérance touche à sa fin.

Un marché gris en expansion

Cette offensive réglementaire reflète une transformation progressive du marché.

Avec la diffusion de l’Internet fixe et des solutions sans fil, de nombreux acteurs informels développent des micro-modèles économiques de redistribution de connectivité :

  • partage commercial de connexions fixes ;
  • hotspots communautaires payants ;
  • micro-ISP de quartier ;
  • revendeurs de bande passante.

Ces pratiques répondent souvent à une logique de marché :

  • zones mal desservies ;
  • coût élevé des abonnements officiels ;
  • forte demande de connectivité à bas prix ;
  • entrepreneuriat numérique de proximité.

Mais pour les régulateurs, elles posent plusieurs problèmes structurels.

Les enjeux derrière la régulation

PURA justifie son intervention par plusieurs impératifs :

Concurrence équitable
Les opérateurs licenciés supportent coûts réglementaires, obligations techniques et fiscalité que les acteurs informels contournent.

Qualité de service
Les reventes non encadrées peuvent dégrader les performances réseau.

Cybersécurité
Les accès publics non identifiés compliquent la traçabilité des usages.

Protection des consommateurs
Absence de garanties contractuelles, SAV inexistant, risques de fraude.

Intégrité des infrastructures
Certaines installations artisanales peuvent enfreindre les normes techniques.

Un marché numérique encore en structuration

Selon les données historiques du régulateur, la Gambie comptait :

  • 4 opérateurs mobiles licenciés ;
  • 4 fournisseurs d’accès Internet ;
  • 1 opérateur fixe.

Les chiffres de fin 2025 montrent environ 1,28 million d’abonnés Internet mobile, soit un taux de pénétration proche de 46 %.

Ce niveau reste relativement modeste, ce qui explique en partie l’émergence de solutions parallèles de connectivité.

Le défi pour les autorités sera désormais d’éviter qu’une logique purement répressive ne freine des initiatives qui répondent parfois à de vrais déficits d’accès, tout en imposant un cadre clair et soutenable pour le développement du marché numérique.

A.S.

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