Côte d’Ivoire : le numérique accélère la sécurisation du foncier rural

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La Côte d’Ivoire poursuit la modernisation de sa gouvernance foncière rurale avec l’accélération de la délivrance des certificats fonciers, désormais rendue possible par la dématérialisation des procédures et l’introduction de la signature électronique.

Cette transformation repose sur le Système d’information du foncier rural de Côte d’Ivoire (SIFOR-CI), une plateforme numérique déployée par l’Agence foncière rurale (AFOR), selon une note d’information transmise le vendredi 22 mai 2026. L’objectif est de fluidifier un processus historiquement marqué par des lenteurs administratives, tout en renforçant la sécurité juridique des droits fonciers en milieu rural.

Encadrée par l’ordonnance n°2025-85 du 12 février 2025, cette réforme vise à sécuriser, tracer et accélérer le traitement des dossiers liés au foncier rural, notamment la délivrance des certificats fonciers, la délimitation des territoires villageois ainsi que la formalisation des contrats agraires.

Au-delà de la simplification administrative, les autorités cherchent à consolider un enjeu sensible pour le développement agricole ivoirien : la sécurisation de la propriété foncière en milieu rural, souvent source de conflits, d’insécurité juridique et de frein à l’investissement productif.

Premiers déploiements sur le terrain

Les premiers effets de cette réforme sont déjà visibles dans plusieurs localités, notamment à Bongouanou, Touba, Ouaninou et Soubré, où les préfets procèdent désormais à la signature électronique des certificats fonciers.

Pour les autorités locales, cette digitalisation change profondément les méthodes de travail. Le préfet du département de Sandégué, Gué Antoine Gbey, y voit une avancée opérationnelle majeure.

« La dématérialisation est l’aboutissement des réformes engagées par l’AFOR. Cette opération constitue un gain de temps considérable pour le corps préfectoral et l’ensemble des acteurs impliqués dans le processus de validation des dossiers », a-t-il déclaré.

Même constat à Tanda, où le préfet Coulibaly Yaya souligne la fiabilité accrue du dispositif. Selon lui, les contrôles automatisés réduisent fortement les manipulations manuelles et sécurisent davantage la validation des dossiers.

Cette mutation technologique s’appuie notamment sur les outils numériques DIGIFOR et SC-Carto, qui permettent de contrôler, valider ou rejeter des milliers de dossiers en quelques clics, conformément au cadre réglementaire.

Pour les opérateurs fonciers, la réforme améliore simultanément la célérité, la traçabilité et la sécurisation des données. Le chef du service du Cadastre du Gontougo, Pacôme Dia, relève ainsi la disparition progressive des pertes de dossiers et la réduction significative des délais de traitement.

Un levier pour la confiance rurale et l’investissement agricole

Pour les populations rurales, l’enjeu dépasse la simple modernisation administrative. La sécurisation foncière constitue un levier central pour l’investissement agricole, l’accès au crédit et la réduction des conflits liés à la terre.

À Néma, dans la sous-préfecture de Diamba, une bénéficiaire témoigne déjà des effets concrets du dispositif.

« J’ai reçu le papier de ma terre sans rien payer. Je remercie l’AFOR et la Banque mondiale. Je vais encourager mes proches à faire également leurs documents », a déclaré Maman Koffi Madeleine.

En accélérant la formalisation des droits fonciers, la Côte d’Ivoire cherche aussi à soutenir la transformation de son agriculture, dans un contexte où la clarification des droits d’usage reste un facteur déterminant pour la productivité et la stabilité des investissements ruraux.

Avec les premiers certificats électroniques déjà délivrés, le pays amorce ainsi une nouvelle phase dans la modernisation de son administration foncière, en misant sur le numérique comme outil de gouvernance, de transparence et de sécurisation du développement agricole.

B.S.

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