L’incendie de février dernier continue de peser lourdement sur les opérations d’Eramet au Sénégal. Le groupe français a indiqué mercredi 27 mai anticiper une production maximale de 400 000 tonnes de concentré de sables minéralisés (HMC) pour l’année en cours sur sa mine de Grande Côte — contre 983 000 tonnes produites en 2025 et 900 000 tonnes initialement prévues avant le sinistre. Soit une division par plus de deux de la capacité effective du site.
Un dispositif de secours qui ne couvre qu’un tiers de la capacité
Le sinistre avait mis hors service l’unité de concentration humide (WCP), étape centrale du processus de production où les minéraux lourds sont extraits et séparés du sable. Sa reconstruction complète est désormais actée, mais en attendant, Eramet s’appuie depuis fin avril sur une solution alternative qui n’alimente l’usine de traitement qu’à hauteur d’environ 30 % de sa capacité nominale — d’où la révision à la baisse de l’objectif annuel.
Les premiers chiffres disponibles illustrent déjà l’ampleur du choc : au premier trimestre, la production a chuté de 49 % en glissement annuel, tandis que le chiffre d’affaires de la mine reculait de 42 % sur la même période. Les ventes restent par ailleurs suspendues, conditionnées à l’avancement du plan de relance, ce qui rend encore difficile une estimation complète des pertes sur l’exercice.
Un contributeur de poids dans l’industrie minière sénégalaise
Cette perturbation intervient alors qu’Eramet avait affiché en 2025 une contribution économique en hausse au Sénégal, à 229,7 millions d’euros (environ 267 millions de dollars), soit une progression de 23 % par rapport à 2024. Cette enveloppe intègre les achats auprès des fournisseurs locaux, les salaires versés au personnel et les impôts et taxes acquittés à l’État.
Le groupe exploite sur le site de Grande Côte des minéraux lourds — ilménite, rutile et zircon — dont les débouchés couvrent notamment les secteurs du bâtiment et de plusieurs industries de transformation. Cette activité fait d’Eramet l’un des acteurs les plus significatifs de l’industrie minière sénégalaise, un statut que l’incendie de février met temporairement sous pression.
A.S.




