Ghana : le bail de la mine d’or Tarkwa pourrait ne pas être renouvelé pour Gold Fields, un actif de 474 500 onces en jeu

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Le bail minier de Tarkwa, deuxième plus grande mine d’or du Ghana derrière Ahafo de Newmont, arrive à échéance en avril 2027 — et son renouvellement n’est pas garanti pour l’opérateur sud-africain Gold Fields. Selon des informations rapportées par Bloomberg vendredi 19 juin, l’État ghanéen envisagerait de transférer l’exploitation à des sociétés locales, malgré la demande de prolongation formulée par le groupe.

Un actif stratégique de 474 500 onces produites en 2025

Tarkwa est exploitée par Gold Fields depuis 1993, qui en détient 90 % aux côtés de l’État ghanéen, propriétaire des 10 % restants. Avec 474 500 onces produites en 2025, la mine constitue l’un des actifs les plus stratégiques du portefeuille du groupe sud-africain — et sa durée de vie restante, estimée à 17 ans, en fait un enjeu d’une ampleur très différente d’une simple fin de concession administrative.

Un précédent récent : la mine Damang transférée à un opérateur local

Le mécanisme évoqué pour Tarkwa n’est pas inédit. Le gouvernement ghanéen a procédé en début d’année au transfert de la mine d’or Damang — également exploitée par Gold Fields — à la société locale Engineers & Planners, après plus de deux décennies d’opération sud-africaine. La différence de taille entre les deux dossiers est cependant significative : Damang était une mine en fin de vie, tandis que Tarkwa reste un actif en pleine maturité opérationnelle.

Des investisseurs sud-africains et américains directement exposés

Au-delà du Ghana, l’incertitude entourant Tarkwa concerne un actionnariat international large. Les investisseurs sud-africains détiennent 24,17 % du capital de Gold Fields, menés par la Public Investment Corporation — gestionnaire d’actifs contrôlé par l’État sud-africain —, aux côtés de M&G Investment Managers, Satrix Managers et Old Mutual Investment. Les investisseurs américains suivent avec 17,18 %, sous la conduite de Van Eck Associates. Irlande, Canada, Royaume-Uni et Australie complètent le tour de table.

Ces actionnaires ne perçoivent pas de dividendes directement liés à Tarkwa — contrairement à l’État ghanéen, bénéficiaire direct via sa participation de 10 % — mais restent exposés à tout choc sur les résultats consolidés de Gold Fields en cas de perte de l’actif.

À ce stade, les discussions entre Gold Fields et les autorités ghanéennes en seraient encore à un stade préliminaire, et l’option d’un renouvellement du bail n’est pas totalement écartée. L’autre scénario verrait un appel d’offres ouvert aux entreprises minières locales, dans la continuité de la politique ghanéenne de renforcement du contenu local dans le secteur extractif.

A.S.

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