La Banque internationale pour l’industrie et le commerce (BIIC) a publié samedi 20 juin son premier rapport établi selon les normes IFRS depuis son introduction à la BRVM en avril 2025. Le document fait état d’un bénéfice net de 36,2 milliards FCFA — environ 63,2 millions de dollars — à fin 2025, en progression de 24,7 % par rapport aux 29,1 milliards FCFA de 2024.
Une activité bancaire en forte expansion
La performance s’appuie sur une croissance soutenue du cœur de métier. Le produit net bancaire a atteint 52,8 milliards FCFA, en hausse de 16,5 %. La marge nette d’intérêts a progressé de 17,1 % à 40,8 milliards FCFA, portée par l’expansion du portefeuille de crédits, tandis que les commissions nettes ont bondi de 18,1 % à 10,6 milliards FCFA, signe d’une diversification croissante des revenus.
Côté bilan, les crédits à la clientèle ont progressé de 37,3 % sur un an, à 1 151 milliards FCFA, tandis que les dépôts collectés ont augmenté de 29,4 % à 1 181 milliards FCFA. La banque revendique des parts de marché de 31,6 % sur les crédits et 25,6 % sur les dépôts au Bénin. Le coefficient d’exploitation s’est amélioré, passant de 31,8 % à 31,1 %, traduisant une croissance des revenus supérieure à celle des charges. Un dividende brut de 268 FCFA par action a été annoncé pour l’exercice 2025.
Un écart de 12 milliards FCFA entre les deux référentiels comptables
Ces résultats interviennent plus d’un an après l’introduction en bourse de la BIIC, devenue la quinzième banque cotée sur le marché financier régional et la troisième société béninoise admise à la cote. Mais leur publication soulève une question méthodologique notable. Alors que le rapport de gestion IFRS affiche un bénéfice net de 36,2 milliards FCFA, les états financiers établis selon le référentiel PCB OHADA — mis à la disposition des actionnaires — font état d’un résultat net de seulement 24,2 milliards FCFA, en baisse de 20 % sur le même exercice.
L’écart entre les deux résultats, proche de 12 milliards FCFA, s’explique par des différences de traitement comptable entre les deux référentiels — IFRS et PCB OHADA reposant sur des approches distinctes de valorisation des actifs, passifs et risques. Cette coexistence de deux niveaux de résultat pour un même exercice nourrit le débat parmi les observateurs du marché sur la lecture la plus fidèle de la performance réelle de l’établissement, détenu majoritairement par l’État béninois.
Y.H.




