La Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque internationale pour l’industrie et le commerce (BIIC) ont annoncé mardi 14 juillet un financement conjoint de 100 millions d’euros — environ 114 millions de dollars — en faveur du Bénin. Les fonds visent à renforcer l’accès au crédit des PME et entreprises de taille intermédiaire béninoises, avec les chaînes de valeur agricoles comme priorité centrale. L’opération s’inscrit dans la stratégie Global Gateway de l’Union européenne, qui cherche à sécuriser et diversifier ses chaînes d’approvisionnement mondiales.
Coton, soja et cajou : 70 % du financement sur trois filières stratégiques
Au moins 70 % de l’enveloppe sera consacré à trois secteurs. Le coton et les textiles d’abord, pour renforcer la transformation locale et améliorer la traçabilité des approvisionnements européens. Le soja ensuite, afin de développer la transformation sur place et diversifier les sources d’alimentation de l’industrie européenne. La noix de cajou enfin, pour promouvoir le tri et la transformation locaux et construire des chaînes de valeur conformes aux normes d’importation de l’UE.
Pour le Bénin, l’enjeu est de capter davantage de valeur ajoutée sur des filières actuellement dominées par l’exportation de matières premières brutes — un défi structurel que le pays partage avec la plupart de ses voisins ouest-africains. L’agriculture représente près de 30 % du PIB béninois et occupe 70 % de la population active selon le FIDA, mais reste exposée aux aléas climatiques, aux rendements limités et à un accès insuffisant au financement.
Un financement qui s’inscrit dans un cadre bilatéral en consolidation
L’accord inclut également un volet dédié au soutien économique des femmes, dans le cadre de l’initiative « Women for Stronger Communities and Growth ». Pour la BEI, l’opération illustre la logique d’interdépendance promue par Global Gateway : sécuriser les approvisionnements européens en matières premières agricoles tout en soutenant l’industrialisation des filières dans les pays partenaires — une approche qui cherche à dépasser le modèle traditionnel d’aide pour s’inscrire dans une logique d’investissement mutuellement bénéfique.
E.N.




