À compter du samedi 1er août, les véhicules de transport urbain et interurbain opérant dans le Grand Abidjan devront se conformer à leurs obligations administratives. Le ministère des Transports cible en priorité les taxis communaux « Wôrô-Wôrô » et les taxis banalisés, imposant la régularisation des documents requis pour exercer : visite technique, assurance, immatriculation conforme et autorisations en cours de validité.
Cette campagne prolonge les contrôles déjà engagés par les autorités et s’inscrit dans une politique de formalisation d’un secteur encore largement dominé par des opérateurs évoluant en marge des exigences réglementaires.
Sécurité routière et coût économique de la congestion
Le durcissement est justifié par deux impératifs convergents. Sur le plan de la sécurité d’abord : selon les données officielles publiées en février, plus de 500 accidents ont été enregistrés en un mois en Côte d’Ivoire, faisant 164 morts et près de 2 000 blessés, avec les opérateurs informels régulièrement identifiés parmi les catégories à risque. Sur le plan économique ensuite : la congestion chronique des axes du Grand Abidjan est estimée par la Banque mondiale à 4 à 5 % du revenu national par an, un coût que la rationalisation du parc roulant vise à contribuer à réduire.
Une réforme qui s’articule avec la montée en puissance du transport de masse
Cette opération s’inscrit dans une stratégie de modernisation plus large de la mobilité abidjanaise. La SOTRA a réceptionné 200 nouveaux bus en juillet 2025 dans le cadre d’un programme d’élargissement de sa flotte. La ligne 1 du métro — 500 000 voyageurs par jour attendus — et le BRT Yopougon-Bingerville — entre 300 000 et 500 000 voyageurs quotidiens — progressent vers leurs mises en service respectives en 2029 et 2028.
Un risque de réduction temporaire de l’offre
La mise en conformité comporte un revers à court terme : les coûts associés — visite technique, assurance, immatriculation, renouvellement des autorisations — risquent d’écarter les exploitants les moins solvables ou d’alourdir leurs charges d’exploitation. Une réduction temporaire de l’offre dans certains quartiers est possible le temps que le secteur s’adapte au nouveau cadre réglementaire — un effet de transition que les autorités devront anticiper pour éviter des tensions sur la mobilité quotidienne des ménages les plus dépendants du transport informel.
Y.H.




