L’U.S. Grains & BioProducts Council (USGBC) a annoncé le 17 juillet avoir conduit en juillet des missions de prospection commerciale en Côte d’Ivoire et en Guinée, ciblant le marché de l’alimentation animale. L’organisation, qui promeut les exportations américaines de maïs, d’orge, de sorgho et de leurs coproduits, affirme avoir « ouvert de nouvelles perspectives » auprès des acteurs locaux du secteur. Des entreprises américaines de négoce de céréales commencent par ailleurs à établir des opérations à Abidjan, avec l’ambition de servir un marché régional incluant la Guinée, le Mali et le Burkina Faso.
La Guinée veut réduire ses 80 % d’importations de volaille
L’intérêt américain est motivé par deux dynamiques convergentes. En Guinée, le gouvernement a dévoilé en juin une stratégie nationale de développement avicole 2026-2030 assortie d’un plan d’investissement de 563 millions de dollars. L’enjeu est considérable : le pays importe environ 80 % de sa viande de volaille, avec des achats passés de 57 000 tonnes en 2020 à 88 600 tonnes en 2024 selon la FAO, quand la production locale plafonne à environ 13 800 tonnes annuelles. Développer l’alimentation animale figure parmi les priorités de la feuille de route.
La Côte d’Ivoire vise 200 000 tonnes de poulet d’ici 2030
En Côte d’Ivoire, la filière est plus structurée mais les ambitions d’expansion sont également fortes. L’interprofession avicole (Ipravi) vise une production de 200 000 tonnes de viande de poulet d’ici 2030, contre 114 000 tonnes en 2024 — un quasi-doublement qui stimulera mécaniquement la demande d’aliments pour animaux. Les investissements étrangers se positionnent déjà : le néerlandais De Heus a annoncé en septembre 2025 la construction d’une unité de production d’aliments à Korhogo, et le fonds norvégien Norfund a investi 23,5 millions de dollars dans SIPRA, leader ivoirien de la filière.
Le maïs local, grand absent du bénéfice
La montée en puissance de l’aviculture régionale pose une question structurelle : qui fournira le maïs nécessaire à cette industrie en expansion — les producteurs locaux ou les fournisseurs internationaux ? En Afrique de l’Ouest, le maïs est principalement orienté vers la consommation humaine. Faute d’une filière céréalière suffisamment organisée pour répondre aux volumes et aux standards de qualité exigés par l’industrie animale, le risque est que la croissance avicole renforce la dépendance aux importations plutôt que de dynamiser l’agriculture régionale.
Y.H.




