Gaz en Afrique de l’Ouest : la Banque mondiale soutient PRIME-GAS, le pari d’une infrastructure GNL mutualisée entre Bénin, Togo & Côte d’Ivoire

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La Banque mondiale vient d’apporter son soutien formel à PRIME-GAS, projet d’infrastructure gazière régionale associant le Bénin, le Togo et la Côte d’Ivoire. Le Togo bénéficie d’un financement spécifique de 40 millions de dollars pour le programme, tandis que le Bénin l’a inscrit dans son nouveau cadre de partenariat décennal avec l’institution pour 2027-2036. L’engagement de la Banque mondiale valide une approche collective fondée sur la mutualisation des investissements GNL, que trois tentatives nationales distinctes n’avaient pas réussi à concrétiser.

Un modèle régional qui montre ses limites

Le West African Gas Pipeline (WAGP), mis en service commercialement en 2011, a structuré pendant quinze ans les échanges gaziers entre le Nigeria, le Ghana, le Bénin et le Togo. Mais les contraintes du secteur gazier nigérian — vandalisme des infrastructures, maintenances, hausse de la demande intérieure — ont fragilisé les approvisionnements destinés aux voisins. Pour le Bénin et le Togo, ces perturbations ont exposé la vulnérabilité d’un modèle énergétique à source unique, pèse sur les centrales thermiques et contraint à des recours coûteux à des combustibles alternatifs.

Trois tentatives nationales sans aboutissement

Avant de converger vers une solution régionale, chacun des trois pays avait tenté de développer ses propres infrastructures GNL. En Côte d’Ivoire, le consortium CI-GNL avait annoncé dès 2017 un terminal de regazéification à Vridi — toujours pas opérationnel. Au Bénin, un accord signé en 2019 avec TotalEnergies pour un terminal flottant de 500 000 tonnes par an destiné à Maria Gléta n’a pas débouché sur une infrastructure. Au Togo, la coopération envisagée avec la Guinée équatoriale dans le cadre de LNG2Africa n’a pas abouti. Ces échecs illustrent la difficulté des marchés de taille limitée à financer séparément des terminaux GNL et leurs infrastructures associées.

La mutualisation pour atteindre la taille critique

PRIME-GAS introduit une logique différente : regrouper la demande des trois pays pour améliorer leur pouvoir de négociation auprès des fournisseurs internationaux, créer une taille critique susceptible d’attirer les capitaux privés et mutualiser les investissements en infrastructures d’importation, stockage, transport et distribution de gaz.

La Côte d’Ivoire occupe une position singulière dans ce dispositif. Contrairement au Bénin et au Togo, elle dispose d’une production nationale de gaz — renforcée par le développement du champ Baleine d’Eni — et affiche des ambitions de hub énergétique régional. Abidjan pourrait ainsi devenir un second pôle d’approvisionnement en Afrique de l’Ouest, en complément du Nigeria, réduisant la dépendance structurelle de la région à une source unique.

A.S.

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