Le Nigeria a franchi le 16 juillet à Abuja une étape importante dans la rationalisation de sa gouvernance numérique. L’Agence nationale de développement des technologies de l’information (NITDA) a transféré l’infrastructure à clés publiques (PKI) à la Commission nationale de gestion de l’identité (NIMC), qui devient ainsi l’autorité de certification racine du pays et le pivot de l’ensemble du dispositif national de confiance numérique.
La PKI fonctionne comme un système de validation des identités en ligne : elle délivre des certificats numériques permettant de vérifier qu’une personne, une entreprise ou une administration correspond bien à l’identité déclarée avant tout échange d’informations sensibles. En prenant le contrôle de cette infrastructure, la NIMC devient l’interlocuteur unique pour toutes les transactions numériques sécurisées — administration vers citoyens, administration vers administration et secteur privé.
La loi NIMC 2026, cadre légal d’une centralisation inédite
Ce transfert découle directement de la loi NIMC 2026, signée en juin par le président Bola Tinubu. Elle remplace un cadre juridique en vigueur depuis 2007 et confie à la NIMC un mandat inédit : centraliser la gestion de l’identité numérique nationale, établir le Numéro d’identification national (NIN) comme unique référentiel d’authentification pour les services publics et assurer l’interopérabilité entre toutes les bases de données gouvernementales. « Cette législation fournit les fondations légales pour passer d’une base de données d’identité traditionnelle à un écosystème d’identité numérique moderne », a déclaré Bisoye Coker-Odusote, directrice générale de la NIMC.
Un signal direct pour l’attractivité des investissements numériques
La portée de cette consolidation dépasse le seul cadre nigérian. La Banque mondiale, dans un rapport publié en juin 2026, identifie précisément la fragmentation institutionnelle comme le principal frein à l’attractivité des investissements numériques en Afrique, et recommande aux pays de désigner une autorité chef de file unique. Le Nigeria était jusqu’ici cité comme contre-exemple, avec plusieurs agences aux mandats chevauchants.
Avec plus de 100 millions de Nigérians déjà enrôlés dans son système selon la Banque mondiale, la NIMC dispose désormais des outils légaux et techniques pour transformer cette base en infrastructure nationale d’identité numérique — un actif stratégique pour les fintechs, les opérateurs télécoms et les institutions financières qui ont besoin d’un référentiel d’authentification fiable pour développer leurs services à grande échelle.
Y.H.




