Le Nigeria a signé le 17 juillet au Maroc un protocole d’accord avec OCP Africa — filiale agricole du groupe marocain OCP — et l’entreprise technologique Ground Truth Analytics pour lancer le National Agro-Productivity System (NAPS), une plateforme de suivi agricole alimentée par l’intelligence artificielle et les données satellitaires. L’accord a été conclu lors d’une visite d’une délégation gouvernementale nigériane au Maroc.
Des images satellitaires actualisées toutes les 120 heures
Le système analyse des images satellitaires par algorithmes d’IA pour identifier automatiquement les parcelles agricoles, reconnaître les cultures plantées et suivre leur évolution avec des mises à jour tous les cinq jours. Les autorités fédérales et les gouvernements des États pourront suivre en temps réel les superficies cultivées, la répartition des cultures, leur stade de développement, les estimations de rendements et les risques potentiels. Les données seront hébergées sur des serveurs installés au Nigeria pour en garantir la souveraineté.
Le déploiement sera progressif : phase pilote dans un État, extension à trois États, puis à 15 États prioritaires.
Combler le principal angle mort de la gouvernance agricole
La finalité est explicitement politique. « Le suivi pendant la saison a été notre principale faiblesse. Nous arrivons à la fin d’une campagne et découvrons que nous n’avons pas atteint les objectifs fixés au départ », reconnaissait Marion Moon, conseillère technique du vice-président chargée de l’agriculture. Le NAPS vise à fournir des informations fiables avant les récoltes pour anticiper les déficits ou les excédents, orienter les décisions d’import-export, gérer les réserves alimentaires et piloter les investissements sectoriels — autant de décisions qui reposent aujourd’hui sur des déclarations de producteurs sans vérification satellitaire.
Pour OCP Africa, ce partenariat prolonge son positionnement comme fournisseur de solutions agricoles intégrées en Afrique subsaharienne, au-delà de la seule commercialisation d’engrais. Pour le Nigeria, dont l’agriculture représente 23 % du PIB et 34 % de la population active, il s’agit de la prochaine étape d’une numérisation progressive du secteur entamée avec CropWatch en 2024 et le projet Innovative Agriculture avec l’Agence spatiale européenne en 2025.
A.S.




