Or en Afrique de l’Ouest : la Côte d’Ivoire dépasse le Mali en production industrielle, un rééquilibrage en cours

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Le Mali anticipe une production industrielle d’or de 43,2 tonnes en 2026, selon un plan prévisionnel du ministère des Mines cité vendredi 24 juillet par Reuters — une légère reprise par rapport aux 42,2 tonnes de 2025, mais un niveau qui illustre les perturbations durables de la filière malienne. En intégrant la production artisanale estimée à environ 6 tonnes, la production nationale atteindrait 49,2 tonnes, contre 62 tonnes attendues en Côte d’Ivoire la même année. Un écart qui traduit un rééquilibrage progressif sur la carte aurifère ouest-africaine.

Le litige Loulo-Gounkoto, principal facteur de la chute malienne

Le contexte malien est singulier. La filière a été perturbée par les réformes engagées par l’État, dont l’application du Code minier de 2023 a provoqué l’arrêt quasi-total de la mine de Loulo-Gounkoto — premier site aurifère du pays — pendant la quasi-totalité de l’année 2025, sur fond de litige avec son opérateur Barrick Mining. Reprises en 2026, les opérations restent à un rythme réduit : 362 500 onces attendues, contre 723 000 en 2024. Les principaux autres piliers de la production malienne — Fekola (B2Gold), Syama (Resolute Mining) et Sadiola (Allied Gold) — maintiennent leur activité.

À noter, l’écart entre les projections officielles (49,2 tonnes au total) et l’estimation du World Gold Council (82,9 tonnes en 2025) soulève la question récurrente de la sous-estimation de l’orpaillage artisanal, dont SWISSAID évalue le potentiel malien entre 30 et 57 tonnes annuelles, contre 6 tonnes déclarées.

La Côte d’Ivoire en accélération, trois nouvelles mines d’ici 2028

En face, la trajectoire ivoirienne est ascendante. La Côte d’Ivoire vise 69 tonnes en 2028, portée par l’entrée en production successive de Koné (Montage Gold), Doropo (Resolute Mining) et Assafou (Endeavour Mining), dans un contexte de climat des affaires jugé attractif par les investisseurs miniers. En 2025, la Côte d’Ivoire figurait encore au huitième rang des producteurs africains selon le World Gold Council, le Mali au quatrième.

Le pic malien est prévu en 2028 également, avec 57 tonnes de production industrielle et 63 tonnes au total — soit un écart limité avec la Côte d’Ivoire, avant que les projets ivoiriens ne prennent leur pleine mesure.

La vraie question : transformer le potentiel en levier de développement

Au-delà du classement entre producteurs, l’enjeu central reste la captation de valeur par les États. L’exemple malien est révélateur : malgré le recul de la production, les autorités affirment avoir récupéré 761 milliards FCFA (1,3 milliard de dollars) d’arriérés fiscaux auprès des compagnies minières dans le cadre de leurs réformes. Un bras de fer coûteux en production mais potentiellement instructif sur le partage de la rente minière dans la sous-région.

Y.H.

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