La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a réalisé le 24 juillet sa première émission publique d’obligations Samurai — des obligations libellées en yens émises sur le marché japonais par un émetteur étranger — pour un montant total de 25 milliards de yens. L’opération se décompose en deux tranches : 21,7 milliards de yens à trois ans, à un rendement de 3,72 %, et 3,3 milliards à cinq ans, à 4,29 %. Il s’agit de la première émission publique d’obligations Samurai durables jamais réalisée par une banque multilatérale de développement.
Sans garantie, une première qui atteste de la confiance des investisseurs japonais
L’opération revêt un caractère exceptionnel par son absence de garantie — une configuration rare pour un émetteur africain sur le marché japonais, qui reflète directement la confiance des investisseurs institutionnels dans la qualité de crédit de la BOAD. Les obligations ont été notées « A » par la Japan Credit Rating Agency (JCR) et « Baa1 » par Moody’s, deux crans différents qui illustrent l’écart de méthode entre agences déjà documenté dans les précédentes communications de l’institution. La base d’investisseurs mobilisée comprend des sociétés de gestion d’actifs, des compagnies d’assurance-vie, des établissements financiers régionaux et des investisseurs internationaux.
Deux ans de construction relationnelle avec la communauté financière japonaise
Cette émission est le fruit d’un travail de long terme. Depuis la TICAD d’août 2025, la BOAD a multiplié les rencontres avec les investisseurs japonais — sans opération de financement en cours — pour faire connaître l’UEMOA et son mandat de développement. Une deuxième série d’échanges s’est tenue en juin 2026, suivie d’une conférence téléphonique en juillet, d’un sondage de marché et d’une campagne de placement avant la fixation des conditions le 24 juillet. Ce séquençage illustre le modèle de coverage clientèle que Serge Ekué, président de la BOAD, avait annoncé vouloir développer sur le modèle des grandes banques d’investissement.
Pour la BOAD, cette opération concrétise la stratégie de diversification géographique des sources de financement portée par le plan « Djoliba… La Suite » 2026-2030 — après les marchés européens, le Golfe et le marché régional UEMOA, le Japon devient un nouveau gisement de liquidités à capter pour financer les projets d’infrastructure de l’Union.
Y.H.




