Sénégal : la BAD approuve 35 millions de dollars pour renforcer les finances publiques, en pleine négociation avec le FMI

Date :

Partager l'article :

Sénégal : la BAD approuve 35 millions de dollars pour renforcer les finances publiques, en pleine négociation avec le FMI

La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé lundi 3 août un financement de 20 milliards FCFA — environ 35,15 millions de dollars — destiné à renforcer la gestion des finances publiques du Sénégal. Les fonds doivent soutenir la mobilisation des ressources intérieures, la mise en œuvre de réformes structurelles et l’amélioration de la transparence des comptes publics. La BAD ne précise pas s’il s’agit d’un prêt ou d’un don.

L’annonce intervient dans un contexte de crise de confiance entre Dakar et ses créanciers. En 2024, le gouvernement sénégalais avait révélé l’existence de dettes non déclarées dépassant 13 milliards de dollars, provoquant le gel du programme de financement du FMI. Des négociations sont en cours pour un nouveau programme, mais elles butent sur les conditions de soutenabilité exigées par l’institution. Par ailleurs, selon des informations de presse non confirmées officiellement, Dakar envisagerait de désigner la banque d’affaires Lazard comme conseil financier sur les questions de dette — un signal que les marchés interprètent comme une étape vers un possible réaménagement.

Un financement modeste face à l’ampleur du défi

Avec 35 millions de dollars, le financement de la BAD reste limité au regard de l’enjeu. Plusieurs investisseurs jugeaient désormais un défaut inévitable lors d’une mission du FMI à Dakar en juin, selon des déclarations recueillies sur place. Le gouvernement sénégalais a indiqué privilégier d’autres options qu’un défaut, l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko ayant qualifié de « honte » une restructuration proposée par le Fonds.

La mobilisation fiscale, principal levier identifié

Le taux de pression fiscale sénégalais, proche de 18 % du PIB, figure déjà parmi les plus élevés de l’UEMOA — dont la moyenne s’établissait à 14,9 % en 2025 selon la BCEAO. La marge d’amélioration par la seule hausse des recettes est donc relativement étroite. L’enjeu réside davantage dans la qualité de la collecte, la lutte contre l’évasion fiscale et la réduction des dépenses inefficaces — les trois axes que ce financement de la BAD vise à soutenir institutionnellement.

A.S.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

spot_img

Articles similaires

Secteur minier au Mali : La production d’or rebondit au S1 2026 et surpasse les prévisions de Bamako

Portée par le redémarrage à régime soutenu du complexe de Loulo-Gounkoto et le rendement du site de Fekola,...

Filière hévéa en Côte d’Ivoire : Le pari de la transformation locale face à l’érosion des prix bord champ

Alors que la FPH-CI et Eni Côte d’Ivoire lancent la campagne 2026 avec un objectif de collecte de...

Sierra Leone : Les travaux s’accélèrent pour intégrer la future centrale NANT au réseau électrique

Pour répondre au déficit d’électricité qui frappe le pays, l’Electricity Distribution and Supply Authority (EDSA) a engagé du...

Moody’s relève la note de la BIDC à B1 avec perspective stable : un tournant pour le financement de l’Afrique de l’Ouest

L’agence de notation Moody’s a rehaussé la note d’émetteur à long terme de la Banque d’investissement et de...