UMOA : la microfinance sert 20,4 millions de clients avec 2 937 milliards FCFA de crédits, mais le portefeuille dégradé reste à 7,5 %

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Le secteur de la microfinance de l’Union monétaire ouest-africaine affiche une croissance soutenue en 2025, malgré une qualité de portefeuille encore éloignée des normes réglementaires. Les 524 institutions de microfinance (IMF) agréées dans l’espace UMOA desservaient 20,4 millions de clients à fin décembre 2025, contre 19,1 millions un an plus tôt, soit une progression de 6,6 %, selon le rapport annuel 2025 de la BCEAO publié le 22 juillet.

Dépôts à 2 793 milliards FCFA, crédits à 2 937 milliards

L’activité d’intermédiation a progressé sur les deux volets. Les dépôts collectés ont augmenté de 13,6 % pour atteindre 2 793,1 milliards FCFA, dont 55,5 % de dépôts à vue. L’encours de crédits distribués a progressé de 9 % à 2 937,2 milliards FCFA, avec une dominante de financements à court terme (45,8 %), suivis des crédits à moyen terme (35,6 %) et à long terme (18,6 %).

Un taux de dégradation à 7,5 %, toujours au-delà du plafond réglementaire de 3 %

La qualité du portefeuille s’est améliorée — le taux brut de dégradation est passé de 8,9 % en 2024 à 7,5 % en 2025 — mais reste largement supérieure à la norme maximale de 3 % fixée par la BCEAO. La maîtrise du risque de crédit, l’amélioration du suivi des financements et le recouvrement des créances en souffrance constituent les défis structurels que la Banque centrale identifie comme prioritaires, aux côtés des enjeux de gouvernance et de professionnalisation des acteurs.

La BCEAO déploie un outil centralisé de supervision

Pour renforcer la supervision du secteur, la BCEAO a mis en production la Solution informatique centralisée de suivi des Systèmes Financiers Décentralisés (SICS-SFD), destinée à centraliser et automatiser le suivi des IMF. Elle poursuit par ailleurs des travaux sur le dispositif d’alerte précoce et l’élaboration de plans de redressement pour les institutions diagnostiquées en difficulté, dans le cadre de l’adaptation au nouveau cadre juridique applicable à la microfinance.

Y.H.

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