‘accroissement de l’activité commerciale d’Africa Global Logistics Côte d’Ivoire (AGL CI) n’a pas permis de masquer l’érosion des marges opérationnelles et la fin de l’effet d’aubaine des revenus financiers exceptionnels de 2024. Décryptage des états financiers du géant de la logistique.
Les états financiers provisoires publiés par Africa Global Logistics Côte d’Ivoire (AGL CI) affichent un net contraste entre volume d’affaires et rentabilité nette au terme de l’exercice 2025. Si l’entreprise est parvenue à faire progresser son chiffre d’affaires de 7,4 %, atteignant 92 milliards FCFA contre 85,6 milliards FCFA en 2024, son résultat net s’est effondré de 96,3 %. Il s’établit désormais à 784,9 millions FCFA (environ 1,4 million de dollars), bien loin des 21,1 milliards FCFA (37,2 millions de dollars) enregistrés un an plus tôt.
Un résultat net plombé par un effet de base défavorable
Cette chute spectaculaire s’explique avant tout par un effet de base historique. La performance financière exceptionnelle enregistrée en 2024 reposait essentiellement sur un produit financier hors norme de 22,1 milliards FCFA, généré par des versements de dividendes de filiales.
Ces revenus exceptionnels avaient alors masqué la fragilité du cœur de métier. En isolant ces flux financiers ponctuels, le profil de rentabilité de l’opérateur logistique apparaît sous un jour très différent en 2025.
Cœur de métier : des marges sous la pression des charges
L’activité opérationnelle d’AGL CI a subi une nette dégradation sur les douze derniers mois. Le résultat d’exploitation bascule dans le rouge pour s’établir à -2,2 milliards FCFA, contre un solde positif de 941,6 millions FCFA un an auparavant.
Cette baisse de rentabilité découle d’une hausse accélérée de la structure de coûts qui a absorbé la croissance des revenus :
- Services extérieurs : hausse de 15,3 % des charges de sous-traitance et de prestations.
- Amortissements : augmentation de 41 % consécutive aux investissements récents de la société.
- Valeur ajoutée : progression limitée à 3,8 %, illustrant un pincement très net des marges brutes.
Trésorerie nette à 74,8 milliards FCFA : l’illusion du bilan
Si la trésorerie nette affiche une hausse spectaculaire de 379 %, passant de 15,6 milliards FCFA à 74,8 milliards FCFA, cette liquidité apparente ne traduit pas une génération interne de cash liée aux profits.
L’explication réside dans la mécanique propre aux métiers du transit et de la douane. Les dettes d’exploitation d’AGL CI ont bondi de 82 % pour atteindre près de 79 milliards FCFA. Ces liquidités correspondent en grande partie à des fonds collectés pour le compte de tiers — notamment des droits de douane et des taxes régaliennes à reverser à l’État — et ne reflètent pas la capacité d’autofinancement structurelle de l’entreprise.
Pour AGL CI, l’enjeu des prochains exercices résidera dans sa capacité à restructurer sa grille de coûts d’exploitation afin de renouer avec une rentabilité opérationnelle durable.
Y.H.




