Le Sénégal a exporté 22 441 tonnes d’huile brute d’arachide en 2025, contre seulement 5 997 tonnes un an plus tôt — soit une multiplication par près de quatre — pour des recettes atteignant 20,52 milliards FCFA (environ 36 millions de dollars), selon le rapport annuel sur le commerce extérieur de l’ANSD publié le 30 juillet. Il s’agit du plus important volume d’huile d’arachide exporté depuis 2019, qui avait atteint 62 846 tonnes.
La suspension des exportations de graines brutes, levier de la transformation
Cette performance n’est pas le fruit du hasard. En novembre 2024, le gouvernement a suspendu temporairement les exportations de graines d’arachide brutes pour sécuriser l’approvisionnement des huiliers et favoriser la transformation locale. Résultat : les exportations d’arachide non grillée ont chuté de 65 308 tonnes en 2024 à seulement 1 393 tonnes en 2025, tandis que les exportations d’huile explosaient. Cette évolution inverse entre matière première et produit transformé illustre un début concret de réorientation de la filière vers la création de valeur ajoutée locale.
Sonacos relancée, Mavamar inaugurée, FIG en négociation
Le mouvement industriel s’accélère. La Société nationale de commercialisation des oléagineux (Sonacos) a relancé en octobre 2024 ses unités de Ziguinchor et Louga, cette dernière étant à l’arrêt depuis deux ans. En octobre 2025, elle a signé un protocole d’accord avec Focus Investment Group pour l’installation d’une nouvelle unité au sein de la Zone économique spéciale de Touba. En janvier 2026, Mavamar Industries SA a inauguré à Rufisque une raffinerie d’huile végétale d’une capacité de 180 000 tonnes par an, destinée notamment à l’arachide et à la noix de palme.
Ces investissements ouvrent la voie à une absorption croissante d’une production nationale qui tourne autour de 1 million de tonnes par an — dont une part importante était jusqu’ici exportée sous forme brute, capturant peu de valeur pour l’économie sénégalaise.
A.S.




