Le Togo a franchi une nouvelle étape dans le renforcement de son cadre de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. L’Assemblée nationale a adopté, lors de sa session budgétaire, une nouvelle loi relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT/FP).
Ce texte vient moderniser un dispositif juridique jugé perfectible face à l’évolution des normes régionales et internationales. Il remplace la loi adoptée en 2018, afin d’intégrer les recommandations révisées du Groupe d’action financière (GAFI) ainsi que la directive communautaire de l’UEMOA adoptée en 2023.
L’objectif affiché est double : renforcer la transparence du système financier national et améliorer la capacité du pays à prévenir et détecter les flux financiers illicites, dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires croissants.
La nouvelle loi introduit notamment une approche fondée sur les risques, qui permet d’adapter les obligations de vigilance en fonction du niveau d’exposition des acteurs concernés. Elle élargit le périmètre des entités assujetties aux prestataires de services d’actifs virtuels et renforce les exigences en matière d’identification des bénéficiaires effectifs des opérations financières, un point clé dans la lutte contre l’opacité des montages financiers.
Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola, cette réforme s’inscrit dans une stratégie nationale visant à protéger l’intégrité du système financier togolais. Le cadre harmonisé adopté prévoit également un régime de sanctions renforcé, destiné à dissuader les pratiques illicites souvent associées au crime organisé et aux réseaux de financement illicite.
Cette avancée législative intervient alors que le Parlement togolais arrive au terme de sa session budgétaire, marquée par l’adoption du collectif budgétaire pour l’exercice 2025 et de la loi de finances pour la gestion 2026. Elle s’inscrit dans un ensemble plus large de réformes destinées à améliorer la gouvernance financière et la crédibilité du Togo auprès de ses partenaires régionaux et internationaux.




