Un an après avoir pris cet engagement, le président ghanéen John Dramani Mahama a tenu sa promesse de s’attaquer à l’un des déséquilibres les plus sensibles des finances publiques : la dette du secteur de l’énergie. En 2025, l’État a mobilisé 1,47 milliard de dollars pour apurer des arriérés accumulés sur plusieurs années, restaurer des mécanismes de garantie essentiels et rétablir la crédibilité du pays auprès des investisseurs du secteur.
L’information a été confirmée le lundi 12 janvier par le ministre des Finances, Cassiel Ato Forson (photo), alors que plusieurs estimations faisaient état, l’an dernier, d’une dette énergétique globale supérieure à 3 milliards de dollars.
Un héritage lourd pour le nouveau pouvoir
À son arrivée au pouvoir en janvier 2025, le président Mahama héritait d’un secteur électrique fragilisé par des retards chroniques de paiement, en particulier sur les approvisionnements en gaz destinés à la production d’électricité. Cette situation avait conduit à l’épuisement total de la garantie partielle de risque de la Banque mondiale, dotée initialement de 500 millions de dollars.
Cette garantie, mise en place pour sécuriser les paiements liés au projet gazier Sankofa, opéré par ENI et Vitol, jouait un rôle central dans la confiance des investisseurs. Sa disparition faisait peser un risque direct sur près de 8 milliards de dollars d’investissements privés, tout en fragilisant la crédibilité financière du Ghana.
Trois axes pour assainir le secteur
Le plan de désendettement engagé par le gouvernement s’est articulé autour de trois volets principaux.
Le premier a consisté au remboursement intégral de 597,15 millions de dollars, intérêts compris, correspondant aux montants tirés sur la garantie de la Banque mondiale. Cette opération a permis de restaurer pleinement la facilité, réactivant un filet de sécurité jugé essentiel par les partenaires internationaux.
Le deuxième volet a concerné le règlement d’environ 480 millions de dollars d’arriérés dus à ENI et Vitol, pour des livraisons de gaz issues du champ Offshore Cape Three Points. Ces paiements ont permis de normaliser les relations avec les partenaires du projet Sankofa et de sécuriser l’approvisionnement gazier du parc électrique.
Enfin, le troisième axe a porté sur les producteurs indépendants d’électricité (IPP). L’État a apuré près de 393 millions de dollars de dettes héritées, dont 120 millions versés à Karpower, 59,4 millions à Cenpower et 54 millions à Sunon Asogli, selon les chiffres communiqués par le ministère des Finances. Ces règlements s’inscrivent dans un processus plus large de renégociation des contrats IPP, avec l’objectif de réduire les coûts pour les finances publiques.
Restaurer la confiance et la soutenabilité du système électrique
Pour les acteurs du secteur, cette opération marque un tournant. « Le règlement de ces arriérés de longue date constitue une étape majeure dans le rétablissement de la stabilité financière et de la confiance opérationnelle dans l’ensemble du secteur électrique », a souligné l’association des producteurs indépendants d’électricité.
Du côté du gouvernement, l’objectif est désormais de stabiliser durablement le secteur, de réduire la dépendance aux carburants liquides coûteux et de créer les conditions favorables à une augmentation de la production nationale de gaz. Un assainissement jugé indispensable pour soutenir la croissance économique et restaurer la crédibilité du Ghana auprès des investisseurs énergétiques internationaux.




