Après l’envolée historique de 2024, les prix du cacao plongent en 2025

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Après avoir été la matière première la plus performante en 2024, devant le gaz naturel et l’or, le cacao traverse en ce début 2026 une phase de forte correction. Mardi 20 janvier, les contrats à terme ont atteint leur plus bas niveau en deux ans, illustrant l’ampleur du retournement de tendance.

À Londres, les prix sont tombés à 3 315 livres sterling la tonne (environ 4 474 USD), tandis qu’à New York, ils ont reculé à 4 612 USD la tonne sur l’ICE. Cette baisse s’inscrit dans la continuité d’un repli marqué tout au long de l’année 2025.

Sur le marché new-yorkais, les cours ont chuté de 48 % en 2025, après avoir bondi de 178 % en 2024. À Londres, la correction est similaire, avec une baisse de 50 % en 2025, après un gain de 158 % l’année précédente.

Retour à l’excédent après trois années de déficit

Ce retournement s’explique principalement par un changement d’équilibre entre l’offre et la demande. Après trois campagnes consécutives marquées par un déficit mondial (2021/2022 à 2023/2024), le marché bascule désormais vers une phase d’excédent.

Selon l’Organisation internationale du cacao (ICCO), un surplus de 49 000 tonnes est attendu pour la campagne 2024/2025, porté par une hausse de la production chez les trois principaux producteurs mondiaux.

  • Côte d’Ivoire : production attendue à 1,85 million de tonnes, contre 1,67 million un an plus tôt
  • Ghana : environ 600 000 tonnes (contre 530 000 tonnes)
  • Équateur : environ 480 000 tonnes (contre 430 000 tonnes)

Les perspectives pour la campagne 2025/2026 confirment cette dynamique, avec un surplus estimé à 250 000 tonnes, selon Rabobank.

Une demande mondiale sous pression

Parallèlement à la hausse de l’offre, la demande mondiale ralentit, affectée par la hausse des prix du chocolat et le recul du pouvoir d’achat des consommateurs.

Les données du quatrième trimestre 2025 montrent une baisse significative des volumes de broyage :

  • Asie : −4,82 % (197 022 tonnes)
  • Europe : −8,3 % (304 470 tonnes), plus bas niveau en 21 ans
  • États-Unis : légère hausse de +0,35 % (103 117 tonnes)

Cette tendance reflète un ralentissement des achats de produits chocolatés, en lien avec l’inflation des prix en magasin.

Le géant Barry Callebaut, premier transformateur mondial de cacao, a d’ailleurs annoncé un chiffre d’affaires en hausse de 6,4 % sur son premier trimestre 2025/2026, mais avec un recul des volumes de vente de 9,9 %, signe d’un arbitrage des consommateurs face aux prix élevés.

L’Afrique de l’Ouest au cœur des incertitudes

Les analystes estiment que l’évolution du marché dépendra largement des niveaux de stocks et des performances agricoles en Afrique de l’Ouest, en particulier en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial.

Dans ce contexte, les autorités ivoiriennes ont récemment annoncé l’achat de 123 000 tonnes de cacao invendues dans les zones de production, afin de soutenir les producteurs face aux difficultés d’écoulement des fèves.

Les prochains mois seront donc déterminants pour savoir si le marché du cacao stabilise ses prix, prolonge sa correction ou amorce un nouveau cycle haussier.

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