Côte d’Ivoire : l’État crée ICEX, une coentreprise avec la Chine pour explorer la bauxite et d’autres minerais

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Principalement associée à son potentiel aurifère, la Côte d’Ivoire cherche désormais à valoriser d’autres richesses de son sous-sol, dont la bauxite. Alors que la société Lagune Exploitation Bongouanou (LEB) assure déjà des exportations vers la Chine, les autorités ivoiriennes franchissent une nouvelle étape stratégique en annonçant la création d’une coentreprise d’exploration minière.

Lors du Conseil des ministres du 4 février, le gouvernement a officialisé la naissance de la Société Ivoiro-Chinoise d’Exploration (ICEX), détenue majoritairement par la compagnie publique SODEMI à hauteur de 56,65 %, aux côtés de son partenaire chinois, China National Geological & Mining Corporation (CGM), qui en détient 43,35 %. Dotée d’un capital initial de 20 millions FCFA, ICEX aura pour mission exclusive l’exploration minière dans le pays.

Cette initiative intervient alors que CGM vient de lancer sa première campagne d’exploration de bauxite en Côte d’Ivoire. La note publiée par la compagnie chinoise le 20 janvier souligne un « potentiel significatif », évoquant des ressources estimées à « plusieurs dizaines de millions de tonnes ». Les travaux résultent de plusieurs phases de prospection et de concertation menées en amont sur le terrain. Pour CGM, ce projet s’inscrit dans une stratégie d’expansion en Afrique de l’Ouest et repose sur une approche inspirée de son modèle de développement éprouvé en Guinée.

Premier producteur mondial de bauxite, la Guinée accueille depuis plusieurs années une présence massive de compagnies chinoises, devenues les principaux exploitants et acheteurs. En 2025, la Chine a absorbé 74 % des volumes exportés par Conakry, alimentant ainsi ses raffineries d’alumine. ICEX pourrait, dans le meilleur des scénarios, ouvrir la voie à une trajectoire similaire en Côte d’Ivoire, encore à un stade précoce sur ce minerai.

La note interne de CGM précise d’ailleurs que la collaboration ne s’arrêtera pas aux travaux géologiques initiaux. Un accord-cadre signé avec sa filiale régionale, China Geological & Mining West Africa, lui accorde des droits prioritaires sur les étapes futures : études de faisabilité, construction d’infrastructures minières, opération d’extraction et commercialisation de la bauxite. Ce dispositif établit les fondations d’une chaîne intégrée allant de l’exploration jusqu’à l’exportation.

Pour l’heure, la filière bauxite ivoirienne reste modeste. En 2023, la production nationale atteignait 54 963 tonnes, presque exclusivement issues des activités de LEB, dont les cargaisons sont déjà orientées vers le marché chinois. L’entrée en scène d’un acteur étatique renforcé et associé à un géant minier chinois pourrait néanmoins modifier la donne, sous réserve de découvrir un gisement économiquement exploitable.

Avec la création d’ICEX, la Côte d’Ivoire confirme sa volonté d’accélérer la diversification de son secteur minier. En misant sur un partenariat structurant avec la Chine, elle espère attirer de nouveaux investissements, élargir la base de ses ressources extractives et capter une part plus importante de la chaîne de valeur.

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