Le Nigeria cherche à accélérer la transformation de son secteur minier en s’appuyant sur des réformes structurelles destinées à attirer davantage d’investissements et à favoriser l’industrialisation de la filière. Selon le ministre du Développement des ressources minières, Dele Alake, le pays a enregistré plus de 2,6 milliards de dollars d’investissements directs étrangers (IDE) dans ce secteur au cours des deux dernières années et demie.
Cette déclaration a été faite lors du Powering Africa Summit organisé à Washington. Le ministre a attribué cette dynamique à plusieurs réformes engagées par les autorités nigérianes pour améliorer l’attractivité du secteur minier.
Parmi ces mesures figurent notamment le renforcement du cadre réglementaire, la digitalisation des procédures d’octroi de licences minières et une meilleure sécurisation des titres miniers. Les autorités ont également intensifié la lutte contre l’exploitation illégale, avec plus de 350 arrestations enregistrées en un an.
Un secteur longtemps marginalisé
Malgré son potentiel important, le secteur minier nigérian est resté pendant longtemps en marge de l’économie nationale, dominée par les hydrocarbures. Le pays dispose pourtant d’importantes ressources minérales, notamment en lithium, terres rares, étain et cuivre.
Aujourd’hui encore, une grande partie des activités minières est réalisée de manière artisanale. Le gouvernement cherche donc à structurer et industrialiser la filière, afin d’augmenter les revenus générés par l’exploitation des ressources naturelles.
Dans cette perspective, Abuja a annoncé en juillet 2025 l’ouverture prochaine de quatre usines de transformation de lithium, destinées à développer la chaîne de valeur locale.
Des investissements majeurs dans la transformation
Le 1ᵉʳ mars, un accord d’investissement de 1,3 milliard de dollars a été conclu entre l’État nigérian et la Africa Finance Corporation afin de soutenir la transformation du secteur des minéraux solides. Le projet inclut notamment la construction d’une raffinerie d’alumine.
Selon les autorités, cette initiative pourrait générer plus de 25 milliards de dollars de valeur économique sur l’ensemble de son cycle de vie, ainsi qu’environ 8 milliards de dollars de recettes en devises.
Ces initiatives s’inscrivent dans la stratégie du gouvernement visant à porter la contribution du secteur minier à 10 % du PIB d’ici 2026, contre environ 1 % actuellement, selon les données de la Nigeria Extractive Industries Transparency Initiative.
Vers une approche régionale de l’industrialisation minière
Au-delà des réformes nationales, Dele Alake appelle à renforcer la coopération régionale pour soutenir le développement du secteur. Il plaide pour la création de corridors industriels et énergétiques transfrontaliers, capables d’améliorer l’accès aux infrastructures et à l’énergie.
Parmi les initiatives évoquées figurent notamment le corridor de Lobito et le projet Lagos–Abidjan, qui pourraient faciliter l’intégration des chaînes de valeur minières en Afrique de l’Ouest et centrale.
Selon le ministre, la mise en place de trois à cinq corridors industriels de ce type permettrait d’accélérer significativement l’industrialisation du continent tout en sécurisant l’approvisionnement mondial en minerais critiques nécessaires à la transition énergétique.




