Un atelier consacré à la formulation et à la validation du plan stratégique de la recherche agronomique nationale pour la période 2026-2035 s’est ouvert le 23 mars à Yamoussoukro. Les travaux sont présidés par Bernard Kini-Komoé, ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture, chargé des Productions vivrières.
À l’ouverture de la rencontre, le responsable gouvernemental a rappelé le rôle central de l’agriculture dans l’économie de la Côte d’Ivoire. Le secteur contribue de manière significative au produit intérieur brut et mobilise plus de la moitié de la population active, ce qui en fait un pilier essentiel du développement économique et social.
Renforcer la recherche face aux nouveaux défis agricoles
Bernard Kini-Komoé a souligné que les performances agricoles ivoiriennes reposent en grande partie sur les acquis de la recherche agronomique, notamment dans les filières stratégiques telles que le cacao, l’hévéa et le palmier à huile. Toutefois, il a également mis en évidence plusieurs défis majeurs qui pèsent sur le secteur :
- les effets du changement climatique,
- les difficultés d’accès aux intrants agricoles,
- la baisse de productivité de certaines cultures,
- les déséquilibres biologiques et les pressions environnementales.
Face à ces enjeux, les autorités souhaitent renforcer la recherche agronomique afin de promouvoir une agriculture plus moderne, durable et résiliente. Le ministre a notamment évoqué l’importance d’intégrer la digitalisation et l’intelligence artificielle dans les systèmes agricoles, dans le cadre de la stratégie nationale visant à atteindre la souveraineté alimentaire et à accélérer la transformation locale des productions agricoles.
Le modèle ivoirien de recherche et d’innovation agricole
Lors de l’atelier, N’diaye Oumar, directeur exécutif du Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles, a salué l’initiative du Centre national de recherche agronomique. Il a rappelé que la collaboration entre le FIRCA et le CNRA dure depuis plus de vingt ans, permettant le financement de nombreux programmes scientifiques et le renforcement du système national d’innovation agricole.
Il a également mis en avant le modèle ivoirien de développement agricole, structuré autour d’un « trépied » institutionnel :
- Centre national de recherche agronomique : la recherche scientifique ;
- Agence nationale d’appui au développement rural : la diffusion des innovations auprès des producteurs ;
- Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles : le financement de la recherche et du conseil agricole.
Selon lui, ce dispositif constitue un socle solide pour la modernisation de l’agriculture et inspire déjà plusieurs pays africains.
Une vision stratégique pour la prochaine décennie
L’atelier de Yamoussoukro doit aboutir à la formulation et à la validation du plan stratégique national de la recherche agronomique 2026-2035. Ce document vise à doter le pays d’une vision partagée et opérationnelle pour la recherche agricole, en renforçant la coordination entre les institutions scientifiques, les pouvoirs publics, les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs des filières agricoles.
L’objectif est de soutenir une agriculture productive, durable et innovante, capable de répondre aux besoins alimentaires croissants, d’améliorer les revenus des producteurs et de contribuer à la transformation structurelle de l’économie ivoirienne.




