L’élection de Marie-Laure N’Goran, première femme à présider l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), fait date dans le paysage médiatique ivoirien. Ce tournant marque l’émergence d’un leadership féminin dans une organisation pivot, alors que le secteur traverse de profondes mutations économiques et technologiques.
Marie-Laure N’Goran, une élection historique
Dimanche 7 juin 2026, au sein de la Maison de la Presse d’Abidjan-Plateau, l’UNJCI a vécu un moment inédit. Les journalistes ivoiriens ont élu Marie-Laure N’Goran, journaliste chevronnée et ancienne présentatrice du journal télévisé de 20 heures sur la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI), à la présidence de leur organisation. Elle devient ainsi la première femme à occuper ce poste depuis la création de l’UNJCI en 1991. Marie-Laure N’Goran a remporté le scrutin avec 244 voix contre 161 accordées à son concurrent, Stéphane Bahi, journaliste à l’hebdomadaire L’Éléphant Déchaîné, avec trois bulletins blancs. Cette victoire nette traduit une vaste approbation du projet qu’elle a présenté pour l’avenir du journalisme en Côte d’Ivoire.
Un secteur en pleine transformation
L’élection de Marie-Laure N’Goran survient dans un contexte où la profession journalistique est confrontée à de nombreux défis, notamment ceux imposés par la révolution numérique. La montée en puissance des réseaux sociaux et la prolifération des fausses informations entraînent une transformation radicale des pratiques journalistiques. En plus de ces mutations technologiques, le secteur est fragilisé par des difficultés économiques. Beaucoup d’entreprises de presse doivent faire face à des revenus publicitaires en baisse et à des coûts de production augmentant, remettant en question leur viabilité.
L’amélioration des conditions de travail et le renforcement de la crédibilité des médias sont au cœur des attentes placées dans la nouvelle présidente. Marie-Laure N’Goran a exprimé sa volonté de travailler sous le signe du rassemblement et de servir l’organisation avec responsabilité et détermination.
Les enjeux de la professionnalisation et de l’éthique
Lors du 12e Congrès ordinaire de l’UNJCI, l’accent a été mis sur la nécessité de professionnaliser davantage le secteur. Les questions d’éthique, de déontologie, de responsabilité et de liberté de la presse ont été réaffirmées comme des piliers essentiels. Face à un environnement médiatique en mutation rapide, ces principes sont perçus comme l’armature nécessaire pour maintenir une presse libre et crédible.
De nombreux acteurs du secteur voient dans l’élection de Marie-Laure N’Goran une opportunité pour renforcer la cohésion entre journalistes et progresser vers de meilleures conditions d’exercice du métier. Les défis sont multiples, mais l’optimisme est de mise quant à la capacité de la nouvelle équipe dirigeante à fédérer et à innover.
Un enthousiasme que partagent certains observateurs, qui espèrent voir émerger de nouvelles dynamiques susceptibles de répondre efficacement aux besoins croissants de diversité et de crédibilité des informations dans un pays où les médias jouent un rôle crucial dans la consolidation de la démocratie et de l’État de droit.
Au-delà des symboles, c’est une véritable feuille de route que Marie-Laure N’Goran devra mettre en œuvre. La présidente sera scrutée quant aux initiatives concrètes qu’elle entreprendra pour répondre aux attentes de la profession et pour contribuer au rayonnement national et international de la presse ivoirienne. Dans ce contexte, il sera intéressant de suivre les mesures que l’UNJCI adoptera pour soutenir les journalistes face aux défis actuels, tout en traçant des voies nouvelles pour un futur médiatique soutenable et englobant.
Y.N.




