Le Sénégal a intensifié son recours au marché des titres publics en 2025, entraînant une hausse significative de l’exposition du système bancaire à la dette souveraine.
Selon le rapport « Sénégal : Développements économiques récents et Perspectives » publié le 8 avril par le ministère des Finances, l’encours des titres publics détenus par les banques a atteint 2225 milliards FCFA (3,9 milliards de dollars), contre 998 milliards FCFA en 2024, soit une progression de 123 % en un an.
Une montée en puissance des émissions obligataires
Cette évolution s’explique par un doublement des levées du Trésor sur le marché régional. La structure des émissions reste dominée par les obligations du Trésor, qui représentent 65,6 % du total, contre 34,5 % pour les bons du Trésor.
Ce choix traduit une orientation vers des maturités plus longues, permettant d’étaler le profil de remboursement et de mieux gérer la dette publique.
Un financement ancré à l’échelle régionale
La mobilisation des ressources repose largement sur les acteurs de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Les banques sénégalaises ont assuré 55,5 % des souscriptions, soit environ 1234 milliards FCFA. Elles sont suivies par les banques ivoiriennes, qui détiennent 35,9 % des titres émis, pour un montant de 798 milliards FCFA.
Les banques d’autres pays de la région, notamment du Bénin, du Burkina Faso, du Togo et du Mali, complètent cette dynamique avec des participations plus modestes.
Au total, plus de 45 % des ressources mobilisées en 2025 proviennent d’investisseurs non-résidents, illustrant l’intégration croissante du marché régional de la dette.
Un équilibre préservé avec le financement de l’économie
Malgré cette hausse de l’exposition aux titres publics, le système bancaire a maintenu sa capacité à financer l’économie.
La croissance des crédits aux agents économiques s’est établie à 8,4 % en 2025, contre 5,1 % l’année précédente, indiquant l’absence d’effet d’éviction.
Un signal de profondeur du marché financier régional
Cette dynamique traduit à la fois l’ampleur des besoins de financement de l’État sénégalais et la capacité du marché régional à mobiliser des ressources à grande échelle.
Elle souligne également le rôle central des banques dans le financement des États, tout en posant la question de l’équilibre à long terme entre financement public et soutien au secteur privé dans un environnement de liquidité contraint.




