La Côte d’Ivoire affiche sa confiance quant à une prochaine sortie de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), après plusieurs réformes engagées pour renforcer son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Le Premier ministre Robert Beugré Mambé a exprimé cet optimisme le samedi 23 mai à Abidjan, à la clôture de la 45e réunion plénière de la Commission technique et de la 31e session du Comité ministériel du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), organisées au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire.
« Les progrès significatifs enregistrés nous donnent à espérer », a déclaré le chef du gouvernement, estimant que les avancées constatées dans l’évaluation du dispositif national ouvrent la voie à une amélioration prochaine du statut du pays.
Inscrite sur la liste grise du GAFI, la Côte d’Ivoire fait l’objet d’une surveillance renforcée en raison de lacunes identifiées dans son cadre de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Pour les autorités, la sortie de cette liste constituerait un signal fort en faveur de la crédibilité du système financier ivoirien et de l’attractivité du pays auprès des investisseurs.
Un chantier de réformes accéléré
Selon Robert Beugré Mambé, la bonne gouvernance financière, la transparence économique et la lutte contre les flux financiers illicites figurent désormais parmi les priorités stratégiques de l’exécutif sous l’impulsion du président Alassane Ouattara.
Le gouvernement met en avant plusieurs réformes structurelles visant à renforcer le cadre juridique et institutionnel, améliorer la coordination entre autorités judiciaires, sécuritaires et financières, et consolider les mécanismes de contrôle dans les secteurs jugés sensibles.
Le Premier ministre a indiqué que ces efforts ont permis à la Côte d’Ivoire d’atteindre un niveau élevé de conformité technique, avec 39 recommandations validées dans le cadre du processus d’évaluation.
Le ministre des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a assuré que cette dynamique de réforme restera soutenue afin de renforcer davantage l’efficacité du dispositif national.
Un enjeu économique et sécuritaire
Au-delà des impératifs réglementaires, les autorités rappellent les implications économiques et sécuritaires des flux financiers illicites.
« Le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et celui de la prolifération des armes de destruction massive constituent des menaces majeures pour la stabilité des États, la paix sociale et la crédibilité des systèmes financiers », a insisté Robert Beugré Mambé.
Selon le gouvernement ivoirien, ces flux illicites privent les États de ressources fiscales indispensables au financement des infrastructures et des politiques sociales, tout en fragilisant les institutions publiques.
Dans un contexte régional marqué par la montée des risques sécuritaires en Afrique de l’Ouest, Abidjan plaide également pour un renforcement de la coopération entre États afin d’améliorer l’intégrité des systèmes financiers.
Décision attendue en août
Le directeur général du GIABA, Edwin Harris Jr., a indiqué que la Côte d’Ivoire sera fixée sur son statut à l’issue de la troisième évaluation prévue en août prochain.
Une éventuelle sortie de la liste grise du GAFI pourrait améliorer les conditions d’accès du pays aux financements internationaux, réduire les coûts de conformité pour les institutions financières locales et renforcer la perception de la Côte d’Ivoire comme destination d’investissement en Afrique de l’Ouest.
Le GAFI est l’organisme intergouvernemental chargé de fixer les standards internationaux en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.
Y.H.




