Une nouvelle étape est franchie dans la réforme du financement du développement en Afrique. À l’issue du Dialogue consultatif de haut niveau sur la Nouvelle Architecture Financière Africaine (NAFA), tenu le 9 avril à Abidjan, les participants ont adopté la Déclaration du Consensus d’Abidjan, actant la transformation de l’initiative en Nouvelle Architecture Financière Africaine pour le Développement (NAFAD).
La déclaration a été proclamée par Souleymane Diarrassouba, au nom des participants.
Une initiative portée par la BAD et les États africains
Organisé à l’initiative du Groupe de la Banque africaine de développement, sous le haut patronage du président Alassane Ouattara, l’événement a réuni à Abidjan des décideurs financiers de premier plan.
Le dialogue a été ouvert par le Premier ministre Robert Beugré Mambé et dirigé par le président du groupe BAD, Sidi Ould Tah.
Banques centrales, fonds souverains, banques de développement, institutions financières et régulateurs ont pris part aux échanges, avec pour objectif de repenser l’architecture financière du continent.
Répondre à un paradoxe structurel du financement africain
Le Consensus d’Abidjan s’attaque à un déséquilibre majeur : un déficit annuel de financement estimé à plus de 400 milliards de dollars, alors même que le continent dispose d’environ 4 000 milliards de dollars d’épargne domestique.
Cette situation résulte notamment de la fragmentation des systèmes financiers, d’une mauvaise allocation du risque et d’un manque de coordination entre acteurs publics et privés.
Une architecture structurée autour de principes clés
La NAFAD repose sur quatre principes fondamentaux : subsidiarité, complémentarité, coordination et transformation du risque.
Ces principes sont déclinés à travers neuf laboratoires thématiques (Labs), organisés autour de trois piliers : architecture du système financier, mobilisation du capital et déploiement du capital.
Un forum annuel sera mis en place pour assurer le suivi des avancées et évaluer l’impact des réformes engagées.
Deux priorités stratégiques pour le financement du développement
Les onze résolutions adoptées s’articulent autour de deux axes majeurs.
Le premier vise à mobiliser l’épargne africaine et à l’orienter vers des investissements productifs, grâce à des instruments financiers adaptés, des mécanismes de rehaussement de crédit et des infrastructures de marché renforcées.
Le second porte sur la mise en place d’une architecture continentale de partage des risques, destinée à réduire le coût du capital, attirer les investisseurs privés et institutionnels et limiter la dépendance à la perception extérieure du risque africain.
La Côte d’Ivoire en position de hub financier
Pour les autorités ivoiriennes, cette initiative conforte le positionnement du pays comme acteur central de la finance africaine.
Le Plan national de développement 2026-2030 repose en effet à plus de 70 % sur le secteur privé, renforçant l’importance de mécanismes de financement innovants et structurés.
À travers le Consensus d’Abidjan, la Côte d’Ivoire s’inscrit ainsi dans une dynamique visant à bâtir une architecture financière continentale plus intégrée, capable de soutenir la transformation économique de l’Afrique à long terme.




