Côte d’Ivoire : 8,2 milliards FCFA pour éliminer les polluants persistants et sécuriser les chaînes de valeur agricoles et industrielles

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La Côte d’Ivoire s’est dotée lundi 1er juin à Abidjan d’un nouveau cadre opérationnel pour la gestion des polluants organiques persistants (POP). La deuxième actualisation du Plan national de mise en œuvre de la Convention de Stockholm a été officiellement endossée lors d’un atelier réunissant administrations, partenaires techniques et financiers et acteurs du secteur privé. Le programme est doté d’un budget de plus de 8,2 milliards FCFA sur cinq ans.

1 000 tonnes de PCB et 2 500 tonnes d’emballages de pesticides dans le viseur

Le plan fixe deux cibles prioritaires à horizon 2028 : l’élimination d’environ 1 000 tonnes de polychlorobiphényles (PCB) — des substances chimiques persistantes utilisées notamment dans les équipements électriques — et la gestion durable de près de 2 500 tonnes d’emballages vides de pesticides générées chaque année sur le territoire. Ces deux flux représentent des risques de contamination documentés pour les sols, les nappes phréatiques et les populations riveraines des zones agricoles et industrielles.

Le programme est structuré en trois phases pour faciliter la mobilisation des ressources. La première, évaluée à 3,83 milliards FCFA, priorisera l’élimination des stocks de produits chimiques obsolètes et la réduction des risques pour les populations les plus exposées.

Des implications concrètes pour le secteur privé

L’enjeu dépasse le seul cadre réglementaire. Pour les entreprises agricoles, agroalimentaires et industrielles opérant en Côte d’Ivoire, la mise en conformité avec les exigences de la Convention de Stockholm devient un facteur de compétitivité à l’export — notamment vers les marchés européens, de plus en plus exigeants sur les résidus de produits chimiques dans les filières cacao, café et hévéa.

Représentant le ministre de l’Environnement Abou Bamba, la directrice de cabinet adjointe Indira Yanni-Domingo a d’ailleurs cadré l’enjeu en ces termes : « Cet endossement politique traduit la volonté de l’État de passer de la planification à l’action, conformément aux dispositions du Code de l’environnement de 2023. »

Partie à la Convention de Stockholm depuis janvier 2004, la Côte d’Ivoire avait élaboré un premier plan national en 2016. Depuis, la liste des substances visées s’est élargie à 34 produits chimiques reconnus pour leur toxicité et leur persistance dans les écosystèmes. Le nouveau plan bénéficie de l’appui technique et financier du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), du PNUE et du Centre régional de la Convention de Bâle pour l’Afrique francophone, basé à Dakar.

E.N.

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