La Côte d’Ivoire franchit un cap dans la modernisation de son architecture financière publique. Le Conseil des ministres du 15 avril a adopté une ordonnance portant création du Fonds souverain stratégique pour le développement (FSD-CI), un instrument destiné à optimiser la gestion des ressources nationales et à soutenir les investissements structurants.
Adossé aux revenus issus des ressources minières, énergétiques et agricoles, ce mécanisme traduit une évolution du rôle de l’État dans la mobilisation et l’allocation du capital.
Un outil structuré autour de trois piliers
Le FSD-CI se positionne comme une entité publique dotée de la personnalité morale, chargée de gérer et valoriser les actifs de l’État, tout en finançant des projets de transformation économique.
Le dispositif s’articule autour de trois compartiments :
- Financement des infrastructures stratégiques et prioritaires
- Stabilisation macroéconomique face aux chocs externes
- Constitution d’une épargne publique de long terme
Pour le président Alassane Ouattara, ce fonds constitue un levier pour « gérer avec rigueur et transparence les ressources nationales », tout en finançant des projets structurants et en préparant les générations futures.
Une brique supplémentaire dans le pôle financier public
La création du FSD-CI s’inscrit dans une dynamique engagée depuis plus d’une décennie visant à structurer un pôle financier public intégré. Selon le gouvernement, ce nouvel instrument vient compléter des dispositifs existants tels que la Caisse des dépôts et consignations de Côte d’Ivoire, les mécanismes de garantie pour les PME et les régimes de retraite réformés.
Cette articulation vise à :
- renforcer les capacités de financement de l’économie
- mieux canaliser l’épargne nationale
- soutenir les investissements à moyen et long terme
Un financement adossé aux ressources et aux actifs publics
Le modèle retenu repose sur l’affectation d’une part des revenus issus des ressources extractives ainsi que sur le transfert d’actifs publics. Cette approche permet de mobiliser des ressources en dehors du budget classique, tout en limitant l’impact sur les équilibres budgétaires.
Le Fonds intègre également une fonction de stabilisation, destinée à constituer des réserves mobilisables en cas de chocs exogènes, notamment liés à la volatilité des prix des matières premières ou aux tensions financières internationales.
Gouvernance et exigences de transparence
Dans un contexte où les fonds souverains soulèvent souvent des enjeux de gouvernance, le FSD-CI prévoit la mise en place de mécanismes de :
- contrôle interne
- gestion des risques
- transparence
- reddition des comptes
Ces dispositifs sont annoncés comme alignés sur les standards internationaux en matière de gestion des fonds souverains.




