Orpaillage illégal : Abidjan appelle à une régulation mondiale des intrants chimiques

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En marge des réunions de printemps des institutions de Bretton Woods à Washington, le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a plaidé pour l’instauration d’une régulation internationale plus stricte des produits chimiques utilisés dans l’orpaillage.

Invité au siège de la Banque mondiale le 16 avril, dans le cadre d’une rencontre organisée sous l’égide de l’Extractives Global Programmatic Support, le ministre s’est exprimé devant un panel réunissant des représentants du G7, des pays producteurs et acheteurs d’or, ainsi que des acteurs privés et le World Gold Council. Les échanges ont porté sur la montée des flux illicites d’or, dans un contexte de prix élevés et d’expansion rapide de l’exploitation artisanale à l’échelle mondiale.

Le ministre a mis en avant l’ampleur du phénomène en Afrique, où près de 435 tonnes d’or échapperaient chaque année aux circuits formels, alimentant des flux financiers illicites et privant les États de ressources fiscales substantielles. La Côte d’Ivoire n’est pas épargnée, avec environ 142 tonnes d’or sorties des circuits officiels, pour un manque à gagner estimé à 4 600 milliards FCFA.

Face à cette situation, Mamadou Sangafowa-Coulibaly a insisté sur la nécessité de mieux encadrer l’utilisation de substances comme le mercure et le cyanure, largement utilisées dans l’orpaillage clandestin malgré leur interdiction dans de nombreuses juridictions. « Il est impératif d’instaurer une régulation stricte à l’échelle mondiale de ces produits chimiques », a-t-il déclaré, alertant sur leurs impacts durables sur l’environnement et la santé publique.

Le ministre a également rappelé les mesures déjà engagées au niveau national, notamment le démantèlement de plus de 7 000 sites illégaux, l’application du Code minier et le déploiement du Programme national de rationalisation de l’orpaillage, ainsi que les efforts d’encadrement de l’exploitation artisanale et à petite échelle.

Au-delà des actions nationales, il a plaidé pour la mise en place d’un cadre international structuré associant États, institutions financières et secteur privé, sous l’impulsion notamment de la Banque mondiale. À l’échelle régionale, il a insisté sur le renforcement de la coordination au sein de la CEDEAO et de l’UEMOA afin de mieux contenir les flux transfrontaliers et d’harmoniser les politiques minières.

Évoquant les circuits d’écoulement de l’or artisanal, reliant l’Afrique de l’Ouest aux grandes places d’achat comme les Émirats arabes unis, la Suisse ou encore l’Inde, le ministre a souligné l’urgence d’une réponse coordonnée entre pays producteurs, de transit et de consommation.

« Les efforts engagés à l’échelle nationale ou régionale ne suffiront pas à contenir un phénomène aussi structuré sans une mobilisation globale », a-t-il conclu.

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