Burkina Faso : l’État enclenche la nationalisation complète de la Sofitex

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Le Burkina Faso accélère la reprise en main de sa filière coton. Le gouvernement a décidé, lors du Conseil des ministres du 16 avril 2026, de racheter l’intégralité des parts détenues par les actionnaires privés dans la Sofitex, soit 5,537 % du capital, avec l’ambition de devenir l’unique actionnaire de cet acteur clé du secteur.

Cette opération, justifiée « pour cause d’utilité publique », marque une étape décisive dans la stratégie des autorités visant à restructurer la principale entreprise cotonnière du pays, qui concentre près de 80 % de la production nationale.

Selon une évaluation réalisée en 2025, la valeur économique moyenne de la Sofitex est estimée à 338,14 milliards FCFA (environ 607 millions $). Le portefeuille des actionnaires concernés représente plus de 75 milliards FCFA pour 976 400 actions, soit un prix unitaire de 76 840 FCFA. Cette analyse met également en évidence un niveau d’endettement élevé, qui a pesé dans la décision de l’État d’opter pour une nationalisation intégrale.

Au-delà du rachat des parts, l’opération s’accompagne d’une refonte des statuts de l’entreprise, avec pour objectif d’améliorer sa gouvernance et son efficacité opérationnelle. Les autorités entendent ainsi renforcer la discipline financière et réorganiser le fonctionnement interne de la société.

Cette reprise en main intervient dans un contexte de fragilisation de la filière. La production cotonnière nationale a reculé à 292 660 tonnes lors de la campagne 2024/2025, soit une baisse de 24 %, marquant la troisième contraction consécutive depuis 2021/2022. Face à cette dynamique, le gouvernement vise un rebond rapide, avec un objectif de 550 000 tonnes pour la campagne en cours.

À travers cette nationalisation, Ouagadougou cherche à restaurer les fondamentaux de la filière coton, pilier de l’économie agricole nationale, en combinant réorganisation industrielle, encadrement renforcé et relance de la production.

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