Côte d’Ivoire : le gaz domestique au cœur de la stratégie énergétique pour soutenir la croissance

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Face à une demande d’électricité en forte progression, la Côte d’Ivoire ajuste sa stratégie énergétique en misant sur la valorisation de ses ressources gazières locales. Une orientation assumée par les autorités, qui privilégient l’usage domestique du gaz pour accompagner l’industrialisation et sécuriser l’approvisionnement électrique.

En marge des réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Washington, le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, a réaffirmé cette priorité. Selon lui, le gaz produit localement est désormais entièrement orienté vers la production d’électricité afin de répondre à une demande en hausse constante.

Une priorité donnée à la transformation locale

Cette approche marque un repositionnement stratégique. Plutôt que de privilégier l’exportation, les autorités entendent faire du gaz un levier de transformation économique interne. L’objectif est clair : soutenir l’industrialisation en garantissant une énergie disponible et compétitive.

« Il faut d’abord satisfaire la demande nationale avant de liquéfier le surplus de gaz pour l’exportation », a rappelé le ministre, soulignant une volonté politique de placer l ენერგie au cœur du développement économique.

Un mix énergétique en transition

Parallèlement, le pays poursuit la diversification de son mix énergétique. L’hydroélectricité et le solaire font l’objet de plusieurs projets en développement, avec une ambition d’atteindre 45 % d’énergies renouvelables d’ici 2030.

Cette stratégie intervient dans un contexte de pression croissante sur le système électrique. La demande progresse de 10 % à 15 % par an, tirée à la fois par la consommation domestique et les exportations vers les pays voisins interconnectés.

Dans le cadre du Pacte national énergie, Abidjan vise également un accès universel à l’électricité à l’horizon 2030, contre 64 % en 2023. La capacité de production, qui atteignait 2 907 MW fin 2023, devrait être multipliée par 1,7, avec un parc encore dominé à 69 % par le thermique.

Une tendance régionale

La stratégie ivoirienne s’inscrit dans une dynamique plus large sur le continent. Des pays comme l’Égypte ou l’Algérie ont déjà fait du gaz un pilier de leur production électrique, tout en développant les énergies renouvelables.

En Afrique de l’Ouest, des États comme le Sénégal ou la Mauritanie suivent une trajectoire similaire, combinant exploitation des ressources gazières et investissements dans le solaire, l’éolien et l’hydroélectricité.

À travers ce positionnement, la Côte d’Ivoire cherche à consolider son rôle de hub énergétique régional, en s’appuyant sur un modèle hybride capable de soutenir à la fois la croissance économique et la transition énergétique.

Y.H.

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