Au Ghana, les autorités poursuivent leurs efforts pour renforcer la production rizicole nationale, dans un contexte de forte dépendance aux importations. Le pays bénéficiera ainsi d’un nouvel appui du Japon pour améliorer la disponibilité en semences de qualité, considérées comme un levier clé de productivité.
Le ministre ghanéen de l’Alimentation et de l’Agriculture, Eric Opoku, a annoncé le 12 mai qu’un financement de 35 millions de cedis (3,09 millions USD) sera mobilisé par l’Japan International Cooperation Agency pour soutenir le développement de la filière rizicole.
Selon les informations communiquées, cet appui servira à financer la construction d’une unité moderne de production de semences de riz dans le nord du pays, avec des équipements mécanisés destinés à améliorer la qualité et la disponibilité des intrants agricoles.
Au-delà de l’infrastructure, le projet prévoit également un important volet de renforcement des capacités, avec des formations destinées aux gestionnaires de périmètres irrigués ainsi qu’aux producteurs, notamment sur les bonnes pratiques culturales et l’utilisation des nouveaux équipements agricoles.
Pour le gouvernement ghanéen, l’enjeu est clair : améliorer durablement les rendements afin de réduire le déséquilibre structurel entre production locale et consommation nationale.
Une dépendance encore massive aux importations
Malgré les ambitions affichées en matière d’autosuffisance, le Ghana reste fortement dépendant du marché international.
D’après les dernières données du Département américain de l’Agriculture (USDA), le pays a produit environ 900 000 tonnes de riz usiné sur la campagne 2025/2026, alors que la consommation nationale est estimée à près de 1,9 million de tonnes.
Autrement dit, plus de la moitié des besoins domestiques continuent d’être couverts par les importations.
Cette dépendance expose le pays aux fluctuations des prix internationaux et à la volatilité des chaînes d’approvisionnement, dans un contexte où plusieurs États ouest-africains cherchent justement à renforcer leur souveraineté alimentaire sur les céréales stratégiques.
Le défi de la productivité
Le principal verrou reste la productivité agricole.
L’amélioration de l’accès à des semences certifiées, l’extension de l’irrigation, la mécanisation et la professionnalisation des producteurs constituent des axes régulièrement identifiés pour accélérer la montée en puissance du secteur.
L’intervention japonaise s’inscrit dans cette logique de consolidation de la base productive plutôt que dans une réponse ponctuelle aux déficits d’approvisionnement.
Les détails relatifs au calendrier de mise en œuvre et à la localisation exacte du futur site n’ont pas encore été communiqués.
Pour Accra, la question sera désormais de savoir si ce type d’investissement ciblé peut contribuer à combler durablement un déficit structurel de près d’un million de tonnes par an.
A.S.




