Les cultures vivrières d’Afrique de l’Ouest et du Centre font face à une menace croissante que les politiques agricoles sous-estiment encore. C’est le message porté vendredi 22 mai à Abidjan par le Pr Abdoulaye Sangaré, vice-président de l’université Félix Houphouët-Boigny chargé de la Recherche et de l’Innovation, lors de l’atelier de clôture du projet Biorisks.
Des filières stratégiques sous pression phytosanitaire
Le manioc et l’igname — piliers des systèmes alimentaires de nombreux pays africains — restent exposés à un spectre large d’agents pathogènes : bactéries, champignons, virus et organismes nuisibles dont la circulation s’intensifie sous l’effet conjugué du changement climatique et de l’accroissement des échanges commerciaux sous-régionaux. Pour le Pr Sangaré, ces risques biologiques constituent désormais une menace directe pour la sécurité alimentaire et les chaînes de valeur agricoles du continent.
« La question du biorisk devient centrale. Elle nous interpelle collectivement sur la nécessité de renforcer les dispositifs de biosécurité, les capacités de surveillance et les mécanismes de prévention », a-t-il déclaré.
Dix pays, un programme, des résultats à consolider
Le projet Biorisks, mis en œuvre dans dix pays africains avec l’appui de l’Union européenne et du CORAF dans le cadre de l’initiative DeSIRA, vise précisément à améliorer la résilience des agriculteurs face à ces risques et à renforcer les dispositifs nationaux de surveillance phytosanitaire. Le centre WAVE, réseau de recherche sur les phytopathogènes transfrontaliers, a joué un rôle central dans la production de solutions scientifiques adaptées aux réalités locales.
À l’issue de ce programme, le Pr Sangaré a plaidé pour la poursuite des partenariats engagés et appelé l’Union européenne à soutenir de nouvelles initiatives régionales dans le domaine de la biosécurité agricole — condition, selon lui, pour que les acquis scientifiques se traduisent en gains concrets pour les producteurs et les filières.
Y.H.




