Nigéria : les besoins en devises restent élevés malgré 3 milliards $ d’Afreximbank

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Malgré des signes positifs au premier trimestre de 2023, l’écart de rendement reste supérieur à 3 %. La crédibilité financière du Nigeria est sous observation, confrontée à des défis tels que l’inflation et un double taux de change. L’intervention de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) soutient les réserves, mais les besoins en devises restent élevés.

Les 3 milliards de dollars en ressources en devises fournis sous forme de prêt par Afreximbank à la société nationale pétrolière du Nigeria ne semblent pas suffisants pour apaiser les créanciers qui ont investi dans les eurobonds émis par le pays sur le marché international des capitaux. Jusqu’au 16 août, l’écart entre les rendements exigés par les investisseurs et le taux d’intérêt initial lors de l’émission reste significatif, dépassant 3 points de pourcentage.

La crédibilité d’un pays sur le marché des capitaux est intimement liée à sa capacité à disposer des liquidités nécessaires pour honorer ses engagements financiers. De plus, les investisseurs scrutent de près la position extérieure d’un pays émettant des titres de dette, ainsi que tous les facteurs pouvant l’influencer.

Pour le Nigeria, quelques indicateurs sont prometteurs. Au premier trimestre de 2023, le pays a respecté toutes ses obligations en matière de remboursement de dette, malgré un contexte international tendu et une baisse des prix pétroliers au cours des trois premiers mois de l’année, conjuguée à des élections présidentielles risquées. Par ailleurs, le Nigeria a réussi à réduire ses importations nécessitant des devises étrangères.

Cependant, la persistance d’un double système de taux de change, combinée à une inflation croissante, a renforcé la prudence des investisseurs internationaux vis-à-vis des actions des entreprises cotées à la Bourse de Lagos et des titres de dette intérieure émis par le gouvernement fédéral.

Ainsi, l’intervention d’Afreximbank vise à renforcer les réserves. Cependant, bien que la compagnie nationale pétrolière, un acteur clé de l’industrie pétrolière nigériane, soit le principal bénéficiaire, une partie de ces ressources sera dirigée vers les comptes du Trésor public.

Il est important de noter que les besoins en devises du gouvernement demeurent substantiels, tant pour les dépenses directes que pour les marchés publics.

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