La BAD au chevet de l’industrie camerounaise via un prêt de 63 millions d’euros

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Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, le 14 juillet à Abidjan, un prêt de 63,09 millions d’euros au Cameroun pour financer son projet d’appui à la Promotion de l’entrepreneuriat et à l’amélioration des compétences en soutien à l’industrialisation (PEAC).

Le projet vise à résoudre le déficit en ressources humaines qualifiées au Cameroun, ce qui entrave le processus d’industrialisation et le développement des secteurs clés de l’économie. Il prévoit l’engagement du secteur privé camerounais aux côtés de l’État, dans des actions structurantes telles que la construction d’infrastructures modernes de formation technique et professionnelle, le renforcement des capacités des acteurs du système éducatif, la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes grâce à un accompagnement technique et financier, ainsi que la résolution des contraintes qui pèsent sur l’emploi en misant sur l’employabilité et la promotion de l’entrepreneuriat.

Le secteur privé jouera un rôle clé dans la mise en œuvre du projet, en s’impliquant de différentes manières innovantes. Cela inclut la gestion déléguée de centres de formation professionnelle, la création d’un Fonds de développement de la formation professionnelle pour dynamiser l’offre de formation du secteur privé, et le financement d’initiatives privées soutenues par le Mécanisme d’appui au développement des projets des jeunes, ainsi que le développement d’incubateurs dans les secteurs prometteurs.

Le projet couvrira cinq régions du Cameroun : le Centre, le Littoral, le Sud, le Sud-Ouest et l’Extrême-Nord. Son objectif est de développer les compétences nécessaires pour répondre aux besoins de l’économie camerounaise, de promouvoir l’entrepreneuriat et l’emploi des jeunes et des femmes dans des secteurs clés tels que la construction, les transports, l’énergie, l’agro-industrie, les métiers verts et les TIC.

Il vise également à renforcer la capacité du système national de formation professionnelle grâce à des appuis matériels et à l’ingénierie de formation, et à favoriser la participation accrue du secteur privé dans la gestion des centres de formation bénéficiaires du projet. Cela conduira à une meilleure qualité de l’apprentissage adaptée aux besoins du marché de l’emploi.

Le projet contribuera à promouvoir l’auto-emploi des jeunes et l’insertion professionnelle, en particulier dans les secteurs ciblés, et à renforcer les capacités institutionnelles des acteurs techniques et professionnels.

Deux des cinq régions couvertes par le projet sont particulièrement touchées par des conflits, à savoir le Sud-Ouest (touchée par la crise anglophone) et l’Extrême-Nord (cible d’attaques terroristes de Boko Haram). Le projet améliorera ainsi l’accès des jeunes et des femmes à l’emploi et à des activités mieux rémunérées, ce qui réduira l’attrait des mouvements terroristes et contribuera à consolider la paix, améliorant ainsi les conditions de vie et la croissance économique au Cameroun.

Concrètement, le projet renforcera directement 12 centres de formation et 9 structures de soutien à l’entrepreneuriat (incubateurs), à la fois publics et privés. Environ 6 000 élèves du secondaire, dans l’enseignement général, technique et supérieur, seront sensibilisés à l’entrepreneuriat dans le cadre d’une phase pilote. Un volet spécifique d’appui sera mis en place pour 400 femmes et jeunes vulnérables, élargissant ainsi leur accès aux métiers de la transformation agricole grâce à la collaboration avec des partenaires et des institutions dédiées.

Le projet bénéficiera également à environ 7 350 jeunes et/ou femmes en apprentissage, grâce à l’amélioration des programmes de formation pour répondre aux besoins du marché de l’emploi, ainsi qu’à 1 225 jeunes entrepreneurs ou porteurs de projets dans les cinq régions du pays, qui pourront suivre un parcours d’incubation jusqu’au démarrage de leur activité.

Le projet aura un impact significatif sur le développement économique, social et la création d’emplois au Cameroun. Il contribuera à la création de 28 000 emplois supplémentaires d’ici à 2050 (soit en moyenne 1 120 emplois par an entre 2027 et 2050).

Le financement de la BAD vise à soutenir les orientations stratégiques du Cameroun en faveur de la réduction du déficit de main-d’œuvre qualifiée dans les secteurs prioritaires. Il est également justifié par les mesures structurantes qui permettent de rentabiliser les investissements dans les ressources humaines et de pérenniser les acquis.

Le projet s’inscrit dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 du Cameroun, ainsi que dans les deux domaines prioritaires du Document de stratégie pays 2023-2028 de la BAD pour le Cameroun : le développement des infrastructures pour promouvoir le secteur agro-industriel et le renforcement du capital humain et de la gouvernance pour améliorer le cadre institutionnel et des affaires. Il est également en ligne avec l’un des High 5 de la BAD, à savoir l’amélioration de la qualité de vie des populations en Afrique, ainsi qu’avec la nouvelle Stratégie décennale 2023-2032 de la BAD, qui reconnaît le capital humain comme l’une de ses priorités.

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