Le Togo franchit une nouvelle étape dans sa politique d’ouverture régionale. Le gouvernement a annoncé la suppression des visas d’entrée pour les ressortissants africains détenteurs d’un passeport valide, une mesure entrée en vigueur le lundi 18 mai, selon un communiqué du ministère de la Sécurité.
Désormais, les citoyens africains pourront séjourner sur le territoire togolais sans visa pour une durée maximale de 30 jours. Cette exemption ne signifie toutefois pas une suppression totale des formalités d’entrée. Les voyageurs devront toujours effectuer une déclaration préalable, s’enregistrer sur la plateforme gouvernementale dédiée et obtenir une autorisation de voyage au moins 24 heures avant leur arrivée.
Les autorités précisent également que les dispositions relatives à l’immigration irrégulière, au séjour illégal et à la sécurité nationale demeurent pleinement applicables.
Un levier d’intégration et d’attractivité économique
À travers cette réforme, Lomé affiche plusieurs ambitions : renforcer l’intégration africaine, faciliter la libre circulation des personnes et des biens, stimuler les échanges économiques et consolider son positionnement comme hub régional de services, de commerce et d’affaires.
Cette orientation s’inscrit dans une dynamique continentale portée notamment par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui fait de la mobilité intra-africaine un levier clé de l’intégration économique.
Le tourisme figure également parmi les secteurs ciblés. Le Togo dispose de plus de 800 sites touristiques recensés et cherche à renforcer son attractivité sur les marchés régionaux et internationaux.
Selon les données de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), le pays a généré 49,9 milliards FCFA (88,3 millions de dollars) de recettes touristiques en provenance des pays de l’UEMOA en 2023, se positionnant parmi les bénéficiaires les plus importants des flux intra-communautaires.
Une tendance continentale
Avec cette décision, le Togo rejoint le cercle encore restreint des pays africains ayant adopté une politique d’ouverture migratoire significative à l’égard des ressortissants du continent.
Le Rwanda figure parmi les pionniers en la matière, avec un accès sans visa ou visa à l’arrivée pour les citoyens africains. Les Seychelles, la Gambie et le Bénin ont également engagé des démarches similaires.
Le Ghana a lui aussi franchi un cap en 2024 avec l’approbation d’une suppression des visas pour les ressortissants africains.
À travers cette mesure, le Togo cherche à se positionner plus clairement dans cette dynamique de facilitation des mobilités continentales, dans un contexte où les coûts administratifs et les restrictions de circulation restent encore un frein important au commerce intra-africain.
Une ouverture sous contrôle
Si la réforme marque une volonté d’ouverture, le maintien d’un dispositif d’autorisation préalable illustre une approche prudente de la part des autorités togolaises.
Le modèle retenu vise à concilier fluidité des déplacements et exigences sécuritaires, dans une sous-région confrontée à des défis persistants en matière de sécurité transfrontalière.
Pour Lomé, l’enjeu sera désormais de transformer cette mesure politique en gains économiques concrets, notamment en matière de tourisme, de services et d’investissements régionaux.
E.N.




