Le Burkina Faso a décidé de reporter une émission simultanée de bons et d’obligations du Trésor qui visait à mobiliser 35 milliards FCFA (57,6 millions $) sur le marché monétaire de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). L’annonce a été faite par UMOA-Titres, l’institution basée à Dakar qui gère ces opérations, sans préciser les raisons du report.
Ce report survient dans un contexte tendu depuis l’annonce du retrait du Burkina Faso, ainsi que de deux autres pays de l’Alliance des États du Sahel, de la CEDEAO. Le capitaine Ibrahim Traoré, à la tête du Burkina Faso, a laissé entendre dans une interview que ce retrait n’était que le début, suggérant la possibilité de ruptures supplémentaires avec ce qu’il qualifie de « chaînes coloniales », y compris un éventuel changement de la monnaie actuelle, le franc CFA.
Cette situation pourrait susciter des inquiétudes parmi les investisseurs, craignant des créances difficiles à recouvrer en cas de changements significatifs. Certains investisseurs estiment également que le défi de cette opération burkinabè va au-delà des bouleversements politiques, étant donné la concurrence avec un emprunt obligataire du Sénégal de 200 milliards en cours.
Cet emprunt s’inscrit dans un contexte de liquidités limitées en ce début d’année sur le marché monétaire et financier régional. Le Burkina Faso a prévu de mobiliser jusqu’à 1 220 milliards FCFA sur le marché sous-régional en 2024, alors qu’il doit rembourser 370 milliards FCFA de dettes arrivant à échéance.




