Sénégal : une plateforme multi-acteurs pour l’exploitation minière à Kanel

Date :

Partager l'article :

Le préfet de Kanel (nord du Sénégal), Cheikh Ahmadou Ndoye, a présidé jeudi le lancement officiel d’une plateforme multi-acteurs visant à prévenir les conflits entre les communautés locales et les entreprises exploitant les gisements de phosphates de Ndendory et Hamady Ounaré, deux communes de ce département.

« La création de cette plateforme multi-acteurs vise à établir un cadre permanent de dialogue et de concertation entre les différentes parties impliquées dans l’exploitation minière, dans le but de renforcer les mécanismes de transparence dans le secteur minier », a-t-il déclaré.

Cette déclaration a été faite lors de la cérémonie de lancement qui a également marqué la présentation des « éléments de constat » sur les mécanismes de gestion des conflits et l’analyse des externalités liées à l’activité extractive dans la région de Matam. Cette initiative a été mise en œuvre par l’ONG 3D, en partenariat avec USAID Traces, un programme de l’Agence des États-Unis pour le développement international visant à promouvoir la transparence et la redevabilité dans les secteurs du pétrole, du gaz et des mines.

Selon le préfet de Kanel, cette plateforme multi-acteurs devrait évoluer pour devenir un espace d’échange de connaissances actualisées sur les questions liées à l’exploitation minière et aux mécanismes de gouvernance dans ce secteur. Elle sera également chargée d’identifier et d’analyser les sources de tensions et de jouer un rôle de médiation entre les parties prenantes.

Cheikh Ahmadou Ndoye a expliqué que cette plateforme facilitera les interactions entre les collectivités territoriales, les sociétés minières et les partenaires du développement territorial. Son objectif est d’harmoniser les interventions en cohérence avec les priorités territoriales.

Le préfet a souligné que les conflits dans les zones d’exploitation minière sont souvent dus à un manque de compréhension des textes législatifs et réglementaires, ainsi qu’à l’absence de prise en compte des attentes des populations, notamment les jeunes, en matière d’emplois et de retombées.

Ibrahima Diop, chef de programme de l’ONG 3D, a expliqué que les tensions dans les zones minières sont souvent liées au manque de dialogue et à l’absence de coordination entre les politiques publiques et les stratégies de développement des entreprises, par rapport aux plans d’investissement des collectivités.

La mise en place de cette plateforme vise à promouvoir le dialogue afin que les parties prenantes puissent trouver des solutions durables. Ibrahima Diop a souligné le manque d’interaction entre les entreprises, les collectivités territoriales et les communautés, et l’importance de remonter les problèmes aux décideurs pour une meilleure gestion des conflits et des enjeux liés à l’exploitation minière.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

spot_img

Articles similaires

Togo : Lomé mobilise 24 millions d’euros avec la Pologne pour lancer une filière stratégique autour des drones

Le Togo poursuit sa montée en puissance dans le numérique avec une nouvelle initiative technologique à vocation industrielle....

Burkina Faso : un fonds souverain minier pour transformer la rente aurifère en investissements stratégiques

Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de souveraineté économique autour du secteur extractif. Le...

Togo : suppression du visa pour les Africains, Lomé accélère sa stratégie d’ouverture régionale

Le Togo franchit une nouvelle étape dans sa politique d’ouverture régionale. Le gouvernement a annoncé la suppression des...

Niger : Niamey retire à Orano la concession historique d’Arlit et durcit le bras de fer sur l’uranium

Le conflit entre le Niger et le groupe français Orano autour du contrôle des actifs uranifères du pays...