Le début d’année se révèle prometteur pour Aliko Dangote, l’homme le plus fortuné d’Afrique. Selon l’indice Bloomberg des milliardaires, la fortune de l’industriel nigérian a augmenté de 6,9 milliards de dollars en janvier, atteignant ainsi un niveau record de 22 milliards de dollars, le plus élevé depuis une décennie.
Cette croissance de richesse s’explique en grande partie par le doublement des actions de Dangote Cement, la plus grande entreprise de ciment du continent. L’homme d’affaires a l’intention d’augmenter sa participation, soulignant les atouts de la société, notamment sa capacité d’exportation substantielle, la seule au Nigeria.
Aliko Dangote a étendu son empire en inaugurant en mai 2023 la plus grande raffinerie de pétrole d’Afrique, dotée d’une capacité de 650 000 barils par jour. Cette infrastructure vise à réduire la dépendance du Nigeria vis-à-vis de l’étranger en produisant également du diesel et du kérosène.
Cependant, ces développements ont suscité des préoccupations, notamment exprimées par l’ONG Oxfam International dans son rapport publié en janvier 2024. L’ONG souligne l’émergence d’un nouveau monopole privé détenu par Aliko Dangote, ce qui alimente les critiques contre la concentration de la richesse entre les mains d’un petit groupe au détriment de la majorité.
Parallèlement à ces succès financiers, le groupe Dangote a fait l’objet d’une perquisition médiatisée par la Commission anticorruption du Nigeria début janvier 2024. Cette perquisition, liée à une enquête plus vaste visant l’ancien patron de la Banque centrale, Godwin Emefiele, a été qualifiée d’« embarras injustifié » par le groupe Dangote. Certains observateurs voient cette initiative comme une mesure inhabituelle de l’État à l’encontre des intérêts de Dangote, réputé pour ses bonnes relations avec les autorités nigérianes. Des dénonciations de potentielles conséquences négatives sur les investissements dans le pays ont également été exprimées, tandis que d’autres y voient une lutte contre l’impunité.




