La Mauritanie a franchi une étape clé dans la modernisation de son secteur des assurances avec la tenue, les 8 et 9 décembre à Nouakchott, des premiers États généraux de l’assurance. L’événement a réuni plus d’une centaine de participants, parmi lesquels des responsables publics, des représentants d’institutions financières régionales, des experts du secteur, des opérateurs privés ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Ces États généraux s’inscrivent dans un contexte de réforme institutionnelle majeur. Depuis janvier 2025, la supervision du secteur des assurances est officiellement assurée par la Banque centrale de Mauritanie (BCM), marquant un changement de gouvernance destiné à renforcer la stabilité, la transparence et la crédibilité d’un secteur encore sous-développé au regard du potentiel de l’économie mauritanienne.
Vers un marché de l’assurance plus structuré et inclusif
Placée au cœur de cette dynamique, la Banque centrale a engagé une série de réformes visant à structurer un marché de l’assurance plus solide, plus inclusif et mieux intégré au financement de l’économie. L’objectif affiché est double : renforcer la protection des assurés et faire du secteur un véritable levier de mobilisation de l’épargne et de gestion des risques pour les entreprises et les ménages.
Dans ce cadre, le cabinet FINACTU a été retenu comme partenaire stratégique pour accompagner les autorités mauritaniennes et les acteurs du marché dans la définition d’une feuille de route sectorielle.
Les États généraux ont ainsi servi de cadre de dialogue structuré entre régulateur, assureurs et partenaires, afin de poser les bases d’une transformation de long terme. Selon Aminata Kane, vice-gouverneure de la Banque centrale de Mauritanie, l’ambition était de « co-construire l’assurance de demain en Mauritanie : une assurance qui finance l’économie, protège efficacement les citoyens et place l’assuré au cœur de ses priorités ».
Un diagnostic sectoriel et un contrat-programme à l’horizon 2030
En amont de ces travaux, une série d’analyses a été menée afin d’établir un diagnostic approfondi de l’écosystème assurantiel mauritanien. Ces travaux ont permis d’identifier les principaux freins au développement du secteur, les leviers de croissance prioritaires et les réformes nécessaires sur les plans réglementaire, institutionnel et opérationnel.
Les échanges ont abouti à une avancée structurante : la signature du Contrat-Programme “Horizon 2030” entre la Banque centrale de Mauritanie et l’Association professionnelle des assurances de Mauritanie. Ce document fixe les engagements réciproques des pouvoirs publics et des acteurs privés pour accompagner la montée en puissance du secteur sur la période à venir.
Un secteur appelé à jouer un rôle plus central dans l’économie
À travers cette initiative, les autorités mauritaniennes entendent repositionner l’assurance comme un pilier du développement économique, capable d’accompagner l’investissement, de sécuriser les activités économiques et de renforcer la résilience des ménages face aux risques.
Pour FINACTU, qui accompagne plusieurs pays africains dans des réformes similaires, cette démarche place la Mauritanie dans une dynamique comparable à celle engagée par d’autres marchés du continent ayant structuré leur secteur assurantiel autour de contrats-programmes et d’une régulation renforcée.
Les États généraux de décembre 2025 marquent ainsi le point de départ d’un cycle de transformation qui devra désormais se traduire par la mise en œuvre concrète des engagements pris, condition essentielle pour faire émerger un marché de l’assurance plus mature, plus accessible et mieux intégré aux priorités économiques du pays.




