Le gouvernement togolais a lancé, le en cette fin d’année, à Lomé, un nouveau programme national de transferts monétaires destiné à soutenir plus de 700 000 ménages vulnérables sur l’ensemble du territoire. Dotée d’une enveloppe de 3,5 milliards FCFA (environ 6,25 millions USD), cette initiative s’inscrit dans le cadre du renforcement des filets de protection sociale face aux tensions économiques persistantes.
Pensé comme un instrument de réponse directe à la hausse du coût de la vie et à la fragilisation des revenus, le dispositif vise à atténuer les chocs subis par les ménages les plus exposés, tout en soutenant la résilience sociale et l’activité économique locale.
Un soutien financier direct et ciblé
La cérémonie officielle de lancement s’est tenue au complexe sportif de Kotokoli-Zongo, dans la commune d’Agoè-Nyivé 4, en présence des autorités politiques, administratives, traditionnelles et militaires. Le programme a été ouvert par Sandra Ablamba Johnson, secrétaire générale de la Présidence du Conseil, représentant le président du Conseil Faure Gnassingbé.
Concrètement, chaque ménage bénéficiaire recevra un transfert monétaire inconditionnel de 25 000 FCFA. Selon les autorités, cette aide doit permettre de couvrir des besoins essentiels à court terme, tout en injectant des ressources dans les économies locales.
Les paiements seront effectués par des canaux numériques sécurisés, notamment via les plateformes de mobile money Mixx by Yas et Flooz, afin de garantir la traçabilité des fonds, la rapidité des versements et un accès effectif pour les bénéficiaires.
Trois axes pour renforcer la résilience sociale
Le programme repose sur trois composantes complémentaires :
- Les transferts monétaires directs, destinés à répondre aux besoins immédiats des ménages vulnérables ;
- La création d’emplois, en particulier au profit des jeunes en situation de vulnérabilité ;
- L’autonomisation économique des ménages, avec un accent spécifique mis sur les femmes.
« Ce programme vise à améliorer durablement la situation socio-économique des ménages vulnérables et leur résilience aux chocs, tout en soutenant l’emploi et l’autonomisation », a souligné Sandra Ablamba Johnson.
Un ciblage fondé sur des critères standardisés
L’identification des bénéficiaires repose sur la méthodologie du Proxy Means Test, un outil de ciblage largement utilisé à l’échelle internationale. Les opérations ont été conduites conjointement par l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques et l’Agence nationale d’appui au développement à la base (ANADEB), sur la base d’indicateurs combinant pauvreté monétaire et non monétaire.
« Cette approche permet d’assurer un ciblage transparent, équitable et objectivable », ont indiqué les autorités.
Pour Katanga Mazalo, directrice générale de l’ANADEB, le dispositif doit permettre d’atteindre efficacement les ménages répondant aux critères de vulnérabilité, tout en intégrant des leviers structurants que sont l’emploi des jeunes et l’autonomisation économique des femmes.
Un programme soutenu par les partenaires internationaux
Cette initiative bénéficie de l’appui de plusieurs partenaires techniques et financiers, parmi lesquels la Banque mondiale, le système des Nations unies, l’Agence française de développement (AFD) et la Banque africaine de développement (BAD).
Elle s’inscrit dans la continuité de programmes sociaux déjà déployés ces dernières années, qui avaient permis de soutenir plus de 142 000 personnes entre 2024 et 2025. Avec cette nouvelle phase, les autorités togolaises entendent franchir un cap dans l’extension et la structuration de leur politique de protection sociale, dans un contexte économique encore marqué par de fortes contraintes sur le pouvoir d’achat.




