Burkina Faso : une nouvelle minoterie de maïs à Bobo-Dioulasso pour soutenir la transformation locale

Date :

Partager l'article :

Les céréales constituent le socle de l’alimentation au Burkina Faso, et leur transformation apparaît de plus en plus comme un levier stratégique pour renforcer la sécurité alimentaire. En complément des efforts engagés pour accroître la production agricole, les autorités burkinabè misent désormais sur la montée en puissance du segment industriel.

Dans cette dynamique, le président Ibrahim Traoré a inauguré, le samedi 20 décembre, une minoterie dédiée à la transformation du maïs à Bobo-Dioulasso. D’un coût total de 11 milliards de francs CFA (environ 19,7 millions de dollars), l’unité est portée par l’entreprise agroalimentaire Agroserv Industrie.

Selon les informations relayées par les médias locaux, l’installation dispose d’une capacité de transformation de 160 tonnes de maïs par jour. Elle est également équipée pour produire jusqu’à 12 tonnes quotidiennes de farine infantile, un segment à forte valeur ajoutée sur le marché local et régional.

Un nouveau débouché pour les producteurs locaux

L’entrée en service de cette minoterie renforce les capacités nationales de transformation du maïs et ouvre de nouveaux débouchés commerciaux pour les producteurs locaux. Active depuis 17 ans dans la transformation céréalière, Agroserv Industrie s’appuie sur un réseau de plus de 3 000 producteurs pour son approvisionnement en matière première.

Pour l’entreprise, l’enjeu est double : valoriser la production locale et substituer une partie des importations de produits céréaliers transformés.

« Agroserv Industrie entend contribuer, par l’investissement privé productif, à l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire et à la réduction de la dépendance aux importations », a déclaré Siaka Sanon, promoteur de l’entreprise, dans des propos rapportés par Burkina 24.

Un environnement incitatif pour l’agro-industrie

Ce projet s’inscrit dans le cadre de la politique d’industrialisation engagée par le gouvernement. Depuis 2024, les autorités ont notamment mis en place une exonération de taxes au profit de la production locale de farine de céréales, afin d’encourager les investissements privés dans la transformation agroalimentaire.

Les perspectives de production soutiennent cette stratégie. Au Burkina Faso, la production de maïs est attendue en hausse de 14,61 %, pour atteindre 2,68 millions de tonnes lors de la campagne 2025/2026. L’augmentation des capacités industrielles, à travers la mise en service de nouvelles unités comme celle de Bobo-Dioulasso, pourrait stimuler davantage la demande et encourager une hausse durable de la production dans les années à venir.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

spot_img

Articles similaires

Crise du cacao en Côte d’Ivoire : le modèle de stabilisation mis à l’épreuve

La crise actuelle du cacao en Côte d'Ivoire remet en cause le système de stabilisation du secteur, poussant à une révision des stratégies économiques.

Mauritanie : ajuster les subventions aux carburants pour protéger les ménages vulnérables

La Mauritanie fait face à un dilemme crucial entre l'ajustement des prix des carburants et la protection des ménages vulnérables.

Marie-Laure N’Goran, première femme élue à la tête de l’UNJCI

Marie-Laure N'Goran devient la première femme à présider l'UNJCI, marquant une étape significative dans le paysage médiatique ivoirien.

La Banque mondiale et les enjeux du partenariat décennal en Afrique de l’Ouest

La Banque mondiale met en place une stratégie de dix ans pour dynamiser l'économie et l'emploi en Afrique de l'Ouest, notamment en Côte d'Ivoire.