Ghana : l’aquaculture s’ouvre à l’expertise tchèque pour accélérer sa montée en puissance

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En Afrique de l’Ouest, le Ghana figure parmi les pays où la consommation de poisson par habitant est la plus élevée. Pour réduire sa dépendance à la pêche, aujourd’hui sous pression, et renforcer sa sécurité alimentaire, le pays accélère la structuration de son industrie aquacole.

Dans cette dynamique, la Commission des pêches du Ghana a annoncé, le 14 janvier 2026, avoir accueilli une délégation de l’Université de Bohême du Sud, en République tchèque, afin de poser les bases d’une nouvelle coopération dans le secteur de l’aquaculture. L’agence, rattachée au ministère des Pêches et de l’Aquaculture, précise que les échanges ont porté sur le renforcement des partenariats universitaires et sectoriels, autour de la recherche, du transfert de technologies, de la formation et de la promotion de pratiques aquacoles durables.

L’aquaculture, un pilier stratégique encore sous-exploité

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les autorités ghanéennes veulent faire de l’aquaculture un levier central de sécurité alimentaire et de création d’emplois. Malgré des progrès rapides, sa contribution à l’offre nationale de poisson reste encore limitée.

Selon les données officielles, la production aquacole est passée de 52 360 tonnes en 2019 à 100 000 tonnes en 2023, soit presque un doublement en quatre ans. Elle représente désormais près de 20 % des captures totales de poissons du pays, estimées à 484 412 tonnes en 2023. L’essentiel de cette production repose sur le tilapia du Nil et le poisson-chat, qui dominent les systèmes d’élevage locaux.

Pour soutenir cette trajectoire, le gouvernement a annoncé en novembre 2025 la création prochaine d’un fonds de développement dédié à l’aquaculture, destiné à améliorer l’accès au financement, moderniser les infrastructures et renforcer la recherche et l’innovation.

Un partenariat tourné vers la recherche et l’innovation

Le rapprochement avec la République tchèque n’est pas anodin. Le pays est reconnu en Europe pour sa longue tradition de pisciculture en eau douce, notamment l’élevage de carpes en étangs, ainsi que pour son expertise scientifique en aquaculture durable. La Faculté de la pêche et de la protection des eaux de l’Université de Bohême du Sud est considérée comme une référence européenne dans les domaines de la gestion des systèmes aquacoles, de la reproduction des poissons et de l’adaptation des pratiques d’élevage aux contraintes environnementales.

Pour le Ghana, l’enjeu est clair : accélérer la professionnalisation de la filière, améliorer la productivité et réduire les importations de poisson, qui pèsent lourdement sur la balance commerciale.

Reste désormais à voir si cette coopération académique se traduira par des projets opérationnels concrets, capables de changer d’échelle et de faire de l’aquaculture un véritable moteur de souveraineté alimentaire pour l’ex-Gold Coast.

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