Au Burkina Faso, où l’élevage représente environ 12 % du PIB et fait vivre près de 72 % de la population, les autorités accélèrent la modernisation de la filière bétail-viande afin d’en faire un levier de transformation économique et d’exportation.
Le ministère de l’Agriculture a annoncé, le 20 janvier, le lancement d’un projet de construction d’un abattoir moderne à Banfora, sur un site de 4 hectares, pour un investissement estimé à 2,7 milliards FCFA (4,9 millions USD). L’infrastructure, dont la réalisation est prévue sur 18 mois, sera dotée de lignes d’abattage capables de traiter quotidiennement 50 bovins, 100 petits ruminants et 25 porcs.
Le complexe intégrera également un système d’incinération des déchets, une lagune d’épuration des eaux usées, ainsi que des parcs de stabulation adaptés à plusieurs espèces, afin de répondre aux normes sanitaires et environnementales en vigueur.
Un programme national de modernisation des abattoirs
Le projet de Banfora s’inscrit dans un plan national plus large visant à moderniser la transformation des viandes. Celui-ci prévoit notamment :
- la construction de deux autres abattoirs modernes à Fada N’Gourma et Bobo-Dioulasso ;
- la réhabilitation des infrastructures existantes à Tenkodogo et Dédougou.
L’objectif affiché est clair : renforcer la capacité de transformation locale, améliorer la qualité sanitaire des produits et réduire la dépendance aux exportations d’animaux vivants, au profit de produits à plus forte valeur ajoutée.
Une ambition exportatrice assumée
Depuis 2025, Ouagadougou affiche la volonté de se positionner sur le marché régional et international des exportations de viande. Dans ce cadre, l’Agence Faso Abattoir, créée en avril, est chargée de centraliser la gestion des abattoirs, d’aligner les infrastructures sur les standards internationaux et de structurer une logistique intégrée pour l’approvisionnement et la distribution.
Cette approche vise à professionnaliser la chaîne de valeur, améliorer la traçabilité et renforcer la compétitivité des produits burkinabè.
Renforcer la production et la transformation
En parallèle, le Projet de développement des chaînes de valeur intégrées de l’élevage au Burkina Faso (PDCVIE-BF), lancé en juillet 2025, mobilise 25,07 milliards FCFA (44,6 millions USD), cofinancés par la Banque africaine de développement et l’État.
Le programme ambitionne :
- une hausse d’environ 15 % de la productivité du cheptel ;
- une augmentation de la viande transformée localement à 21 400 tonnes ;
- l’amélioration de la génétique animale, de l’alimentation, de la santé du bétail et de l’accès au financement pour les acteurs du secteur.
Créer plus de valeur à partir d’un cheptel important
Le Burkina Faso dispose d’un cheptel estimé à près de 71 millions de têtes en 2023, composé majoritairement de volailles (49,5 %), suivies des ovins (16,1 %), des caprins (15,3 %) et des bovins (14 %), selon l’INSD.
Les exportations d’animaux vivants ont fortement progressé ces dernières années : celles de bovins sont passées de 426 tonnes en 2020 à 5 273 tonnes en 2024, tandis que celles d’ovins et caprins ont bondi de 556 tonnes à plus de 8 600 tonnes sur la même période.
Un tournant pour la filière bétail-viande
En misant sur des infrastructures modernes, une meilleure transformation locale et la structuration des chaînes de valeur, le Burkina Faso cherche à mieux capter la valeur économique de son cheptel, à diversifier ses exportations et à créer davantage d’emplois dans l’agro-industrie.
Si vous le souhaitez, je peux proposer une version plus courte et journalistique, ou une analyse stratégique sur le potentiel d’exportation de viande du Burkina Faso face aux concurrents régionaux.




